Retour

Les médecins du CHU Dumont s'opposent à la privatisation de services non-médicaux

Les médecins et dentistes du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont de Moncton s'opposent farouchement à l'arrivée de la multinationale Sodexo dans les hôpitaux du Réseau de santé Vitalité. Ils ont fait parvenir une lettre au ministre de la Santé, Victor Boudreau, dans laquelle ils le pressent de revoir sa décision pour le bien et la sécurité des patients.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a annoncé, au début du mois, qu'il privatiserait la gestion des services alimentaires, d'entretien et de transports aux malades.

Cette décision préoccupe les médecins. Ils craignent une détérioration de la qualité de la nourriture offerte aux patients et pire encore, une prolifération de bactéries qui mettraient ainsi la vie de patients en danger. « C'est toujours inquiétant si l'hôpital n'est pas bien nettoyé car on sait qu'il y a beaucoup de bactéries résistantes », explique le Dr Rémi LeBlanc, président du Conseil des médecins et dentistes.

Le Dr LeBlanc soutient que les employés de l'entretien ménager veillent eux aussi au bien-être des patients car s'ils trouvent une personne en détresse, ils doivent lui venir en aide. Selon lui, ils font tout autant partie de l'équipe clinique que les autres employés du Réseau. « Les gens sont fiers de dire qu'ils travaillent pour l'hôpital Dr-Georges-L.-Dumont ou pour Vitalité. On va privatiser ça, alors ils ne sont plus des employés de Vitalité. »

Des économies contestées

Le PDG du Réseau de santé Vitalité s'oppose lui aussi à l'arrivée de Sodexo dans ses hôpitaux. Gilles Lanteigne affirme avoir présenté une solution plus économique au ministre Boudreau.

Plus tôt en 2016, le réseau Vitalité aurait soumis une démonstration financière au gouvernement qui aurait montré qu'il est possible d'économiser 3,5 millions de dollars en conservant la gestion des services non médicaux plutôt qu'en les confiant au groupe privé Sodexo. Cela aurait aussi permis de ne faire aucune mise à pied, contrairement à ce qui sera fait avec la privatisation, explique Gilles Lanteigne.

Rémi LeBLanc affirme qu'il ne comprend pas pourquoi le ministre veut privatiser un service alors qu'il est clair qu'il n'y a pas de bénéfice financier.

Je suis surpris et je ne comprends pas pourquoi on va aller vers une solution qui est plus dispendieuse. On va couper des emplois à des francophones, à des Acadiens.

Dr Rémi LeBlanc

Rémi LeBlanc perçoit cette décision comme un manque de confiance du ministre envers les dirigeants de Vitalité. Il trouve farfelu le fait que le ministre retire la gestion du service alimentaire et de l'entretien ménager à l'organisation responsable de soigner les patients. « On leur dit, tu peux gérer un hôpital mais tu ne peux pas gèrer des services de base », précise le Dr LeBlanc.

Les 235 médecins et dentistes du Centre hospitalier universitaire Dr-Georges-L.-Dumont demandent au ministre Boudreau de reconsidérer sa décision.

Plus d'articles