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Les moyens de pression des ambulanciers coûtent cher dans Chaudière-Appalaches

EXCLUSIF - Les moyens de pression des ambulanciers commencent à avoir des impacts financiers dans la région de Chaudière-Appalaches. Selon ce que Radio-Canada a appris, le Centre intégré de santé et services sociaux (CISSS) a dû débourser 32 000 dollars pour le transport d'employés.

Les ambulanciers refusent depuis quelques mois de ramener avec eux les employés qui accompagnent les patients lors de transferts à Québec. Résultat : ils doivent revenir en taxi vers leur lieu de travail.

Environ 280 transports ont été effectués de cette manière du début mars à la mi-août.

« Nous amassons les factures et nous comptons les envoyer aux compagnies ambulancières pour remboursement, tel que le prévoient les contrats qui nous lient », indique Geneviève Dion, chef des communications du CISSS de Chaudière-Appalaches.

« L'un des seuls moyens de pression »

Contacté au téléphone, le président de l’Association des travailleurs préhospitaliers (ATPH), Frédéric Maheux, assure qu’il n’est question pour son syndicat de rembourser les factures de taxi. L’ATPH représente 350 ambulanciers à Québec et dans Chaudière-Appalaches.

Selon M. Maheux, le Tribunal administratif du Québec a reconnu la légalité de ce moyen de pression.

« C’est l’un des seuls moyens de pression dont on dispose », explique-t-il. Le remboursement des frais de taxis pourrait bien, selon Frédéric Maheux, se régler devant les tribunaux après la grève.

Le PQ blâme Barrette

Selon le Parti Québécois (PQ), c'est l'attitude du ministre de la Santé Gaétan Barrette qui est à l'origine de la situation.

« C'est vraiment une provocation que le ministre a générée lui-même, comme il sait bien le faire », lance Diane Lamarre, porte-parole du PQ en matière de santé.

Mme Lamarre affirme que le dossier s'est envenimé en décembre, depuis que le ministre a envoyé une lettre aux techniciens ambulanciers et aux propriétaires d'ambulances pour leur annoncer qu'il se retirait de la table de négociations. Le ministre proposait d'abaisser de 10 % l'enveloppe qu'ils se partagent pour le transport ambulancier.

Barrette réagi

Le ministre Gaétan Barrette a pour sa part réagi jeudi en fin d'après-midi.

« Je pense que des moyens de pression ont toujours des conséquences qui ont une connotation budgétaire à laquelle on doit faire face. Ce qui est important, pour nous dans le réseau, c'est de s'assurer que les services soient donnés. Dans le réseau, il y a toujours une marge de manoeuvre pour des impondérables. Ceci en est un, tout simplement. »

Avec les informations de Maxime Corneau

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