Retour

Les nouveaux acheteurs éprouvés par le resserrement des règles hypothécaires

Un mois après l'entrée en vigueur du resserrement des règles hypothécaires, qui rendent l'accès à une nouvelle maison plus difficile pour les nouveaux acheteurs, les courtiers immobiliers comme les clients en ressentent les répercussions.

« J'économise depuis un moment pour acheter ma première propriété. J'envisageais de l’acheter à l'été 2017 », raconte Jasbeen Lallbahadour. Les nouvelles mesures sont toutefois venues contrecarrer ses plans.

Le 17 octobre dernier, le gouvernement libéral a en effet annoncé de nouvelles règles visant à réduire les risques pour certains clients en quête de leur première maison.

Tous les acheteurs d’une nouvelle propriété avec une mise de fonds inférieure à 20 % sont depuis soumis à une simulation de crise des taux hypothécaires encore plus rigoureuse. Cette pratique consiste à imaginer les pires scénarios qui pourraient se produire et à planifier son budget en conséquence.

Les acheteurs qui choisissent un taux fixe de cinq ans sont eux aussi soumis à cette exigence, alors qu'ils en étaient autrefois exemptés.

Juguler les hausses de prix ailleurs au pays

Les mesures édictées en octobre dernier par le ministre des Finances, Bill Morneau, avaient pour but de s’assurer que les Canadiens seraient en mesure de rembourser leur hypothèque, et ce, malgré une baisse de leur revenu ou une hausse des taux d’intérêt au cours de leur vie.

Ce resserrement répondait aux scénarios observés à Vancouver et à Toronto, où les prix de l'immobilier ont rapidement augmenté. Ottawa a donc voulu stabiliser les marchés.

Or, ces mesures s’avèrent être un réel frein pour les ménages moins fortunés, explique Thierry Lindor, courtier-propriétaire pour RE/MAX à Griffintown. « Tout d'un coup, le gouvernement est arrivé et leur a dit : maintenant, vos plans, vos économies, on n'en a rien à faire », déplore-t-il.

Ces mesures ont été prises pour Vancouver et Toronto. […] Il y avait une gangrène dans le doigt, on a coupé le bras.

Thierry Lindor, courtier-propriétaire pour RE/MAX à Griffintown

« 10 à 20 % des acheteurs ne pourront peut-être plus se qualifier pour l’achat de leur maison », estime de son côté le vice-président principal et économiste en chef à Industrielle Alliance, Clément Gignac. « Il faudra alors regarder pour une maison plus petite. » D’autres doivent plutôt faire une croix sur leur ville de prédilection, où le prix des propriétés dépasse maintenant leur budget.

Ces nouvelles conditions ne se limiteront bientôt plus aux nouveaux acheteurs : dès le 30 novembre, tous les prêts liés à l'achat d'une maison seront soumis aux mêmes mesures.

Certains économistes prédisent que ce resserrement des règles ne résistera toutefois pas à l’épreuve du temps et qu’Ottawa devra tôt ou tard procéder à des ajustements.

Avec les informations de Maxime Bertrand.