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Les nouvelles taxes sur le bois d'oeuvre créent de l'inquiétude en Abitibi-Témiscamingue

L'annonce des nouveaux droits antidumping par Washington sur les exportations canadiennes de bois d'œuvre fait réagir dans la région. Cette industrie est frappée par une autre taxe d'environ 7% qui s'ajoute à un droit compensateur d'environ 20%, annoncé en avril dernier.

L'entreprise Chantier Chibougamau, qui possède aussi la scierie Landrienne, est quant à elle touchée par ces taxes qui atteignent près de 27%.

Le porte-parole, Frédéric Verreault, juge qu'il s'agit d'une décision inexplicable, indéfendable et arbitraire de la part de Washington.

Programme délaissé par les entreprises

Il assure toutefois qu'il n'y aura pas de mise à pied pour le moment. Par ailleurs, malgré les difficultés que ces taxes engendrent, l'entreprise ne fera pas appel aux programmes offerts par les deux paliers de gouvernement.

M. Verreault explique que l'entreprise pourrait réévaluer le recours à ce programme dans les prochains mois. « Mais dans la présente conjoncture, dit-il, on a fait le choix de ne pas avoir recours au programme rendu disponible », soutient-il.

Climat d’incertitudeLe maire de Rouyn-Noranda et président du Comité sur la forêt de l'UMQ, Mario Provencher, craint pour sa part que le conflit perdure. Il croit que si l'industrie ne suit pas les avancées technologiques et la modernisation, il pourrait y avoir une incidence sur le développement du secteur.

« Ça peut mettre en péril [l'industrie], dans un temps futur, parce que les usines ne seront plus assez performantes, explique-t-il. Donc à ce moment-là, il va y avoir des fermetures », dit le maire.

Décision injustifiéePour sa part, le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, croit aussi que la décision de l’administration américaine n'est pas justifiée et qu'elle crée de l'incertitude dans les régions où l'industrie forestière est présente.Il croit toutefois que la mission qu'il a effectuée pour l'Union des municipalités du Québec (UMQ) à Washington concernant le conflit du bois d'œuvre, à la mi-mai, va porter fruit.En compagnie, entre autres, du maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, il s'était rendu aux États-Unis afin de sensibiliser des élus américains, groupes d'intérêts et fonctionnaires canadiens sur les répercussions néfastes du conflit du bois d'œuvre au Québec.

« Ça a donné le point de vue des municipalités et de mieux cibler les interventions auprès du gouvernement américain. Ça nous a également permis d’aller chercher des alliers, des gens qui, de l’autre côté de la frontière, trouvent ces taxes injustes. Maintenant, il faut espérer que les gens vont aller à la table de négociations et qu’ils négocieront de bonne foi », espère M. Matte.

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