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Les passagers Britanno-Colombiens durement frappés par la cessation de service Greyhound

Les passagers britanno-colombiens ont été bouleversés d'apprendre que Greyhound Canada cessera de desservir l'Ouest canadien et se demandent comment ils voyageront à travers la province après le mois d'octobre.

Les autocars de Greyhound desservent 61 communautés à travers la Colombie-Britannique, reliant des endroits isolés où il n’y a pas d’aéroport ou d’autres modes de transport, mais l’entreprise a annoncé lundi que toutes ses opérations dans la province cesseront le 31 octobre 2018.

La seule exception est le trajet entre Vancouver et Seattle qui est exploité par l’homologue américain de Greyhound.

Le seul mode de transport

« C’est assez choquant, parce que c’est un service sur lequel beaucoup de gens, beaucoup de Canadiens, comptent dans les communautés isolées », dit Jessica Westman, une passagère qui s’apprêtait à prendre l’autocar de Kelowna à Nelson lundi. « Ça va sûrement devenir plus difficile. »

Bryan Madsen partait également du terminal de Kelowna et affirme qu’il n’y a pas d’autres moyens que Greyhound pour parcourir les 300 km jusqu'à sa destination de Trail.

« Pour les gens à faible revenu, c’est le seul moyen de voyager, dit-il. On utilise [Greyhound] assez souvent dans les Kootenays parce qu’il n’y a pas de trains, seulement des avions. Ils n’atterrissent pas souvent ici. »

Juan Serrano, qui prenait l’autocar entre Vancouver et Kamloops, dit qu’il devra dorénavant utiliser les applications de covoiturage parce que Greyhound est « le seul service pour les étudiants qui ne peuvent pas se permettre une voiture ».

Pertes d’emplois

Selon le vice-président de Greyhound Canada Stuart Kendrick, la diminution de la clientèle et la hausse des coûts rendent impossible pour l'entreprise de continuer à proposer le service,

Eric Carr, président du Local 1374 du Syndicat uni du transport (ATU), affirme pourtant qu'il y a un modèle commercial viable au Canada, mais que Greyhound n'a pas pris les bonnes décisions pour les opérations canadiennes.

« Ils ont dirigé [Greyhound Canada] à partir des États-Unis, nous traitant comme un pauvre cousin et ne nous écoutant pas quand on a tenté de les avertir qu'ils prenaient de mauvaises décisions au Canada. »

M. Carr pense que l'entreprise devrait se réunir avec le syndicat et les employés pour trouver des moyens de se concentrer sur les liaisons qui demeurent profitables.

Greyhound affirme avoir fait part, à plusieurs reprises, de la situation aux gouvernements fédéraux et provinciaux.

Cependant, la ministre des Transports de la Colombie-Britannique, Claire Trevena, a déclaré par communiqué que Greyhound n'a pas averti le pouvoir provincial quant à sa décision de cesser le service à travers la province.

Dans le même communiqué, Mme Trevena indique qu'elle va réfléchir avec d'autres transporteurs, le secteur privé et les gouvernements locaux sur comment faire pour que la population ait accès à un service sûr, fiable et abordable pour se déplacer d'une ville à l'autre.

En juin, la province a lancé un service d'autocar dans le nord de la Colombie-Britannique dans le cadre d'un programme pilote d'un an qui desservira les trajets abandonnés par Greyhound Canada.