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Les pêcheurs de l'ouest réclament un système plus équitable d'achat et de vente

Plus d'une centaine de pêcheurs du Manitoba, de la Saskatchewan et de l'Alberta ont pris part mardi à une réunion d'urgence organisée par la Fédération des métis du Manitoba, à Winnipeg. Ces derniers réclament un système plus équitable d'achat et de vente de leur poisson ainsi que des compensations pour des paiements non reçus.

La Fédération des Métis du Manitoba parle d'une crise au sein de l'industrie de la pêche alors que plus de 3000 pêcheurs des Prairies attendent encore de se faire payer par la compagnie Northern Walleye Incorporated, qui leur doit entre 700 000 et 1,1 million de dollars.

Il faut dire que depuis décembre dernier, les pêcheurs du Manitoba ne sont plus obligés de passer par l'Office de commercialisation du poisson d'eau douce pour vendre leurs prises. Cette décision devait permettre de rendre l'industrie plus compétitive.

Or l'année dernière, certains pêcheurs ont vendu leur poisson à des acheteurs privés sans jamais voir la couleur de leur argent.

C'est notamment ce qui est arrivé à Perry Gaudry, un pêcheur de la communauté de Saint-Laurent, au Manitoba qui a perdu l'équivalent des prises d'une semaine de pêche.

Compensation pour les pertes encourues

« Pour moi ce n’était pas si pire que d'autre, moi je n'ai perdu qu'une semaine de poisson fait que ce n’est pas trop pire. Il y en a qui ont perdu plus que ça », explique Perry Gaudry. « Une semaine de poisson c'est à peu près 5 à 7000 $ ».

D'autres pêcheurs auraient perdu jusqu'à 20 000 $. Ils demandent aujourd'hui l'aide des gouvernements fédéral et provincial afin de mieux encadrer les pratiques d'achat et de vente de poissons. Ils espèrent aussi être compensés pour les pertes encourues.

« Je crois qu'ils ont un espoir de se faire payer parce que c'est leur salaire, estime Manon Soulard, coordonnatrice des ressources naturelles auprès de la Fédération des Métis du Manitoba. « Alors ils espèrent que le gouvernement provincial ou fédéral trouve une solution pour les payer, mais en ce moment il n'y a rien de déterminé encore ».

Craintes quant à une intervention gouvernementale

Si plusieurs pêcheurs espèrent un dédommagement du gouvernement provincial, d'autres par contre croient qu'une intervention gouvernementale pourrait nuire à l'industrie.

Si les producteurs des États-Unis découvrent que leurs homologues canadiens reçoivent des subventions pour leurs poissons, ils vont fermer la frontière, ils ne l'accepteront pas et cela nuira à tout le monde », prévient Reg Mead, un pêcheur.

Au cours de la réunion d'urgence, il a aussi été question de pratiques de l'Office de commercialisation des poissons d'eau douce que certains aimeraient voir changées.

À l'heure actuelle, le poisson vendu à l'Office par des pêcheurs indépendants qui n'ont pas de contrat avec cet organisme est acheté à 75 % de sa valeur marchande. Une pénalité de 25 % que plusieurs pêcheurs déplorent et estiment injuste

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