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Les pêcheurs de la N.-É. reprennent la mer avec quelques craintes pour l'avenir

Les pêcheurs du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse ont pris la mer tôt mardi matin à l'aube d'une saison qu'ils espèrent bonne, même s'ils ont quelques craintes par rapport à l'avenir.

Les pêcheurs ont mis leurs cages à l’eau tôt dès les premières lueurs du jour. La pêche se poursuivra jusqu'au 31 mai prochain. La région de pêche s’étend d’Halifax jusqu’à Digby, à l’entrée de la baie de Fundy, soit les zones 33 et 34.

Un pêcheur de la Baie Saint-Marie, Hubert Saulnier, a été surpris de voir, à la fin de la saison dernière, des homards de petites tailles et à la carapace noire.

« On prenait ces homards, on les faisait cuire et il n’y avait presque pas de viande. Ils devaient peser deux livres alors que d’habitude, nous avions des prises de quatre ou cinq livres », dit-il.

Il espère que ces petits homards ne sont pas le présage d'un nouveau mal qui s'attaquerait aux homards.

M. Saulnier ne croit pas que la présente saison surpassera celle de l’an passé quant au nombre de prises.

« L’an dernier, c’était exceptionnel puisque nous avons eu 15 jours de beaux temps consécutifs et les prises étaient bonnes. En 47 ans, je n’avais jamais vu ça, on bougeait les trappes à des endroits où c’était pas pêché et c’était rempli. J’espère que ce sera bon cette année », dit-il.

Un avis que partage Roger LeBlanc, qui ne regrette pas que la pêche ait commencé avec une journée de retard.

« Oui, c’était plus tard mais une prise de homard ne vaut pas une vie humaine. Ce matin, les vents ne sont pas trop forts et nous avons six mois pour atteindre nos quotas. Je pense que la pêche devrait être dans la moyenne ».

Des craintes quant au protectionnisme américain et à la qualité des prises

L’élection récente de Donald Trump à la présidence américaine et ses positions protectionnistes font craindre une baisse de la demande en homard de l’Atlantique.

« Si M. Trump décide de ne pas acheter nos homards, ça risque de nous affecter. Mais je ne crois pas que ça arrive cette année, il vient d’être élu. Mais il faudra surveiller ce qui se passe dans les quatre prochaines années » affirme Hubert Saulnier.

Il ajoute que l’État du Maine est de plus en plus concurrentiel et qu’il s’agit de l’une des pressions les plus importantes auxquelles fait face le marché de l’Atlantique.

Roger LeBlanc craint aussi que des étrangers achètent de plus en plus de permis de pêche, ce qui nuira à l’activité économique en Nouvelle-Écosse.

« Quand le monde de la Chine et d’autres pays achètera plus de nos licences, on va perdre du terrain puisque c’est notre économie », affirme le pêcheur Roger LeBlanc.