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Les producteurs de foin du Bas-Saint-Laurent appréhendent de mauvaises récoltes

Temps sec, printemps froid... La météo fait la vie dure aux producteurs de foin du Bas-Saint-Laurent. Certains estiment avoir perdu près de 40 % de leur récolte en cette période de première coupe de l'été, à cause des conditions météo.

Un texte de Marie-Josée Paquette Comeau, avec la collaboration de Brigitte DubéSelon Environnement Canada, du 1er au 27 juin, le Bas-Saint-Laurent a reçu 40 millimètres de pluie, la moitié de la moyenne mensuelle (82 mm). Le scénario est presque identique à l’an dernier, et le mois de mai a été encore plus sec.

De plus, les températures ont été froides jusqu'à la mi-juin, parfois en-dessous des 10 degrés Celsius, ce qui n'a pas aidé les plantes à pousser.

Dans les champs de la Matapédia, la terre est sèche. Le trèfle n’a pas encore fleuri comme il le devrait. L’herbe est chétive.

C'est un sentiment de déjà-vu pour plusieurs agriculteurs qui ont peiné à composer avec la saison particulièrement sèche de l’an dernier.

En 2017, plusieurs d’entre eux ont acheté du foin à l’extérieur de la région pour passer à travers l’hiver. Ils espéraient retrouver de bons rendements en 2018, ce qui ne semble pas le cas pour le moment.

Prévisions inquiétantes

Le producteur de veau d’embouche Maurice Veilleux est inquiet. Le climat froid et sec de ce printemps nuit à ses fourrages. Il craint de ne pouvoir récolter que 60 % de la quantité habituelle.

Une de ses terres de 30 acres donne habituellement 200 bottes de foin. Maurice Veilleux se dit chanceux s’il réussit à en produire 50. Si la tendance se maintient, il craint même de devoir vendre des bêtes.

Ça veut dire qu’on va devoir gérer nos animaux, peut-être même diminuer les troupeaux dans certains cas, explique-t-il. Dans la production de veau d’embouche, acheter des rouleaux de foin à 40 $, 50 $, plus le transport... Y a pas de rentabilité. Il y a certains producteurs qui n’auront pas le choix.

Les céréales aussi sont touchées par ce début de saison difficile, surtout que dans cette culture, cette période de l’année est déterminante pour le rendement final.

L’assurance récolte suffira-telle?

Le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent, Gilbert Marquis, craint un été difficile à l'image la saison castastrophique de l'année dernière.

L'année passée on a eu une sécheresse au mois de juillet, rappelle-t-il. La deuxième coupe, on ne l'a pas eue. Deux années identiques, c'est assez rare, mais je pense qu'on est en train de vivre un peu ce qu'on a vécu l'année passée. Les récoltes, une personne m'a dit que c'est 30, 35... Jusqu'à 40 % de moins.

L’an dernier, la majorité des agriculteurs ont bénéficié de l’assurance récolte. Advenant une autre saison désastreuse, Maurice Veilleux craint que l’assurance ne suffise pas à éponger les déficits des agriculteurs, une situation qui pourrait être tragique.