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Les producteurs de pétrole canadiens inquiets d’une nouvelle taxe américaine

Alors que Donald Trump est officiellement devenu aujourd'hui le 45e président américain, les exportateurs de gaz et de pétrole canadiens s'inquiètent de la possibilité d'une nouvelle mesure fiscale qui pourrait faire augmenter le prix du pétrole canadien de l'autre côté de la frontière.

Donald Trump a peut-être fait preuve d'ouverture face au Canada en promettant de rouvrir le dossier du projet de pipeline Keystone XL de l'entreprise TransCanada, mais son arrivée au pouvoir ne signifie pas nécessairement une bonne nouvelle pour les joueurs canadiens de l'industrie du secteur gazier et pétrolier.

Le gouvernement américain doit se pencher sur le nouvel « ajustement fiscal à la frontière », l'équivalent d'une taxe à l'importation, proposée par des républicains de la Chambre des représentants, dont le président de la Chambre Paul Ryan et Kevin Brady, le président d’un comité sur les Voies et les Moyens, un organisme chargé de déterminer les taxes en vigueur aux États-Unis.

Ce n’est pas sûr que le Congrès adoptera la mesure proposée, mais il est certain que sa perspective inquiète.

« Nous avons eu une tonne de questions au sujet d’une possible taxe à l’importation au cours des dernières semaines », dit Martin King, un analyste des prix du pétrole pour la firme albertaine GMP FirstEnergy.

Cette nouvelle mesure ferait augmenter les prix du pétrole et du gaz canadien pour les raffineries américaines. La mesure protectionniste enlèverait aux compagnies américaines qui dépendent des importations l’option de déduire ces coûts, faisant augmenter de 25 % le coût des produits importés selon des analystes.

« En théorie, Donald Trump pourrait mettre en place ces changements. Cela pourrait lui prendre du temps, mais c’est certain que cela ne sera pas bon pour le Canada », dit Marshall Auerbach, un chercheur à l’Institut Levy Economics du collège Bard de l’État de New York.

Impact sur les produits pétroliers canadiens

Les États-Unis ont beaucoup augmenté leur production de pétrole intérieure au cours des dernières années, mais le Canada continue d’exporter près de 300 000 barils par jour de cette ressource, surtout aux marchés des côtes est et ouest.

Difficile à l’heure actuelle de déterminer si la nouvelle taxe deviendra réalité. Si jamais Donald Trump choisit d’aller de l’avant, les experts pensent que le Canada pourrait obtenir une exemption ou pourrait faire appel de la décision en vertu de l’ALENA.

Des membres de l'industrie en Alberta ne s’inquiètent pas de l’effet immédiat de la mesure, puisque cette loi devrait prendre du temps à entrer en vigueur, mais certains craignent toutefois qu’à l’avenir, une taxe à l’importation conduise plus d’entreprises à faire des investissements aux États-Unis, plutôt qu’au Canada.

D’autres pensent également que des entreprises pourraient déménager leurs sièges sociaux de Calgary aux États-Unis pour éviter de payer cette nouvelle taxe à l’importation.

Ces craintes sont peut-être mal fondées, puisque Donald Trump lui-même semble douter du bien-fondé d'une pareille taxe. Il a récemment dit, lors d'une entrevue au journal américain Wall Street Journal que l'application de cette taxe pourrait être « trop compliquée. Chaque fois que j’entends le terme ajustement fiscal à la frontière, je n’aime pas ça », a-t-il lancé en entrevue.

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