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Les producteurs de pétrole contre la prise en compte des GES pour Énergie Est

L'industrie pétrolière en Alberta n'approuve pas la décision de l'Office national de l'énergie (ONE) d'inclure les émissions de gaz à effet de serre (GES) dans son analyse de l'oléoduc Énergie Est.

L’organisme fédéral établi à Calgary a annoncé la décision mercredi après avoir reçu les commentaires du public qui souhaitait que l’augmentation potentielle des GES en raison de l’approbation de l’oléoduc fasse partie de l’évaluation.

L’ancien directeur de l’Office national de l’énergie, Gaétan Caron, explique qu’il s’agit d’une première. « Jusqu’à maintenant, l’Office avait toujours déterminé qu’il n’y avait pas de liens directs qui associaient un pipeline particulier et les décisions en amont quant au développement de la ressource naturelle. Ce comité en a décidé autrement et dit qu’il y a un lien direct », affirme-t-il.

« Pour la première fois, l’Office national de l’Énergie dira si le projet est dans l’intérêt public ou n’est pas dans l’intérêt public en raison d’un développement des sables bitumineux en Alberta par rapport aux cibles d’émissions du Canada et de ses engagements internationaux », ajoute Gaétan Caron.

Ce pipeline proposé par TransCanada ferait 4500 kilomètres de long. Il doit acheminer 1,1 million de barils par jour de pétrole des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'au Nouveau-Brunswick, en passant par le Québec et l'Ontario.

L'Association canadienne de pipelines d'énergie (CEPA) et l'Association canadienne des producteurs pétroliers (CAPP) trouvent que l'Office national de l'énergie va trop loin.

« La CEPA croit fermement que les grandes questions de politiques publiques, comme les changements climatiques, devraient être du ressort du domaine politique et non faire partie d’une révision d’un projet pipelinier. Le processus quasi judiciaire de l'ONE, qui nécessite un équilibre entre les questions socioéconomiques, de sécurité et de l'environnement, n'est pas le lieu approprié pour aborder les questions générales de politique publique », a déclaré par voie de communiqué la CEPA.

Nick Schulz est le vice-président de la réglementation des pipelines à la CAPP. « Je crois que cela va ajouter à la complexité du processus et retarder le début des audiences », lance-t-il.

La ministre de l’Énergie de l’Alberta, Margaret McCuaig-Boyd, indique qu'elle est déçue par la décision de l’ONE et que la décision représente une « erreur historique ».

L'ONE recueillera les commentaires du public sur la demande de TransCanada avant de publier un calendrier pour les futures audiences.

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