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Les producteurs de porc pénalisés par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis

Les producteurs de porcs québécois sont coincés malgré eux au centre de la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine. Depuis le début de la semaine, les prix du porc sont en chute sur les marchés, ce qui fait craindre le pire pour les producteurs qui vont plaider vendredi devant la Régie des marchés agricoles pour avoir leur juste part du marché.

Un texte d’Isabelle Damphousse

La chute des prix du porc à la bourse de Chicago fait mal aux éleveurs de porcs québécois. À la ferme Harton, à Saint-Épiphanie, dans la MRC de Rivière-du-Loup, cette chute des prix représente une perte de 53 $ par tête.

Le propriétaire de la ferme, René Harton, se sent piégé par une guerre commerciale qui n’est pas la sienne. « C'est que monsieur Trump, avec ses visées protectionnistes, il crée de l'incertitude sur les marchés et nous au Québec, on est payé pour notre porc sur un prix de référence américain, l'incertitude aux États-Unis fait que notre prix varie même si on est complètement dans un autre pays », dit-il.

Vendredi, les Éleveurs de porcs du Québec vont plaider devant la Régie des marchés agricoles du Québec pour une modification de la Convention de mise en marché qui régit le prix que les éleveurs perçoivent pour leurs porcs.

Depuis quelques années, les éleveurs de porc remarquent que le prix qu’ils reçoivent pour le bétail ne reflète plus le prix de la viande dans les supermarchés. Ils souhaitent avoir leur juste part.

La modification qu’ils demandent à la Régie permettrait de partager le risque d’affaires entre les éleveurs et les transformateurs de porcs. « On demande à la Régie de rouvrir la clause de la référence de prix américain pour qu'il y ait une meilleure répartition de la richesse dans la filière », explique René Harton qui veut ainsi que la richesse ne reste pas seulement pas dans les abattoirs.

Selon lui, cette guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis vient prouver, une fois de plus, la nécessité de modifier le système de prix actuel qui freine les investissements et la croissance de l'industrie porcine québécoise.

Selon les Éleveurs de porcs du Québec, 1,2 million de porcs de l’extérieur de la province ont été abattus au Québec en 2017. L’industrie porcine, qui emploie 26 600 personnes au Québec, a besoin d’investissement. L’âge moyen des bâtiments des fermes porcines au Québec est de 24 ans. Les bâtiments ayant généralement une durée de vie de 25 ans.

La Chine, un marché difficile à conquérir

Les Éleveurs de porcs du Québec espèrent que cette guerre va leur permettre de gagner des parts de marchés en Chine, mais ils sont conscients qu’ils ne sont pas les seuls à vouloir conquérir l’Empire du Milieu.

Le Bas-Saint-Laurent compte 60 fermes et 84 éleveurs de porcs.

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