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Les producteurs de sirop d’érable québécois seraient désavantagés par le système de contingentement

Une étude de l'Institut économique de Montréal (IEDM) accuse le système de contingentement d'avoir limité la croissance de l'industrie acéricole québécoise. Cette conjoncture aurait favorisé les concurrents de l'industrie, dont les États-Unis et les autres provinces canadiennes.

L’étude montre que la production de sirop d'érable a connu une croissance de 60 % au Québec depuis le début des années 2000, mais que la croissance est deux à quatre fois plus importante dans les autres provinces canadiennes et dans certains États américains.

Elle atteint 179 % au Nouveau-Brunswick, 201 % dans l'État de New York et 254 % au Vermont.

L'IEDM soutient également que le Québec a importé pour 20 millions de dollars en sirop d'érable en 2016, dont la presque-totalité provient des États-Unis.

L'auteur de l'étude, l'analyste en politiques publiques Alexandre Moreau, affirme que le Québec perd des parts de marché au profit de ses compétiteurs depuis l'introduction des contingentements de production, en 2004.

Il explique que le Québec, depuis le début des années 70, était en augmentation constante de production jusqu’à l’instauration du système.

La part de la production mondiale détenue par le Québec est passée de 82 % en 2003 à 72 % en 2017.

Une croissance plus importante en chiffres absolus

La Fédération des producteurs acéricoles du Québec est en désaccord avec les conclusions de l’étude.

Son directeur général, Simon Trépanier, affirme qu'en chiffres absolus, la croissance a été plus importante au Québec qu’aux États-Unis.

Il explique que les producteurs québécois ont ajouté 13 millions d'entailles depuis une quinzaine d'années, tandis que les États-Unis sont passés de 8 millions à environ 14 millions d'entailles au cours de la même période.

Pour ce qui est des importations, la fédération explique qu'elles sont plutôt constantes depuis une quinzaine d'années, mais qu'il s'agit d'une proportion négligeable de la production.

Simon Trépanier précise que certains transformateurs doivent importer de petites quantités de sirop pour répondre aux exigences de certains clients.

L'an dernier, le Québec a importé 5 millions de livres de sirop d'érable, mais en a exporté 101 millions de livres.

La faute au sirop bio

Le directeur général de la Fédération des producteurs acéricoles reconnaît que l'année 2016, sur laquelle s'est basée l'étude, a été une année où les importations ont été exceptionnellement élevées.

Alors que les importations atteignent normalement de 2 à 4 millions de livres par année, elles ont atteint 7 millions de livres en 2016.

Simon Trépanier explique ce phénomène en partie par la hausse de la demande pour du sirop d’érable biologique. Il affirme qu’il n’y avait pas suffisamment de producteurs dotés d’installations certifiées biologiques pour répondre à la demande à l’époque, ce qui a favorisé l’importation.

La fédération affirme toutefois que la situation devrait se replacer, puisque de nombreux producteurs ont obtenu cette certification dans les deux dernières années.

D'après les informations d'Ariane Perron-Langlois

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