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Les projets d'infrastructures devront attendre, déplorent les maires

Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, a pris la parole jeudi aux Assises annuelles de l'Union des municipalités du Québec (UMQ) pour traiter du programme d'investissements en infrastructures. Il n'a cependant pas été question d'entente entre Ottawa et Québec, au grand dam des maires, qui devront repousser la mise en chantier de certains projets.

Un texte de Sébastien Desrosiers

Le gouvernement fédéral avait annoncé des investissements de 12 milliards de dollars en infrastructures sur cinq ans dans son dernier budget, en mars. Depuis, Ottawa a indiqué être prête à financer des projets d'infrastructures à la hauteur de 50 %, contrairement à ce que voulait la formule traditionnelle de financement (33 % du fédéral, 33 % du provincial, 33 % des municipalités).

Le problème, c'est que personne ne sait comment va se diviser le reste de la facture.

Les municipalités voudraient que le gouvernement du Québec assume la même part qu'auparavant, soit 33 % du budget, ce qui ne laisserait que 17 % aux villes. La journée de jeudi aurait été un moment parfait pour annoncer une entente sur le Fonds Chantiers Canada-Québec, plaident les maires, mais ni Philippe Couillard ni Bill Morneau ne l'ont fait.

« Ça fait deux ans que les municipalités attendent une entente pour avoir accès à ces fonds-là », explique le maire de Rimouski, Éric Forest. « Il y a 1,6 milliard de dollars qui dorment pratiquement dans ce compte-là, on est impatient de pouvoir les utiliser. »

Les maires de l'Est du Québec, comme le maire de Matane, Jérôme Landry et le maire de Carleton-sur-Mer, Denis Henry pressent le gouvernement du Québec de signer une entente avec le fédéral au plus vite.

Un besoin pressant

Selon une étude de l'UMQ, il y a pour 14 milliards de dollars de projets qui sont prêts à être mis en chantier au Québec.

« Tout le monde on veut relancer l'économie, créer de l'activité économique, dit Éric Forest. Les municipalités sont des partenaires de première ligne, c'est vraiment chez nous que les projets prennent racine. Donc on est vraiment en attente, alors que dans la majorité des autres provinces, ils sont à pied d'oeuvre! »

Lorsqu'il a été interrogé à savoir s'il pouvait y avoir une entente Ottawa-Québec d'ici l'été, Bill Morneau ne s'est contenté que de promettre une entente « le plus tôt possible ».

Les municipalités veulent plus de liberté

Les municipalités réclament également plus de liberté quant aux projets admissibles à ces investissements en infrastructures. Des milliards ont été investis dans les dernières années, reconnaissent les maires, mais strictement pour des projets d'aqueduc et d'égoût.

Or, dans l'Est du Québec par exemple, les projets vont de la réfection des quais et des routes à la construction d'infrastructures sportives. Le maire de Rimouski, entre autres, souhaite toujours la construction d'un complexe comprenant deux patinoires et une piscine.

À savoir si les projets tels que les complexes sportifs seront admissibles, le ministre Morneau n'a donné aucune assurance. « Il y a trois volets au programme : infrastructures de transport en commun, infrastructures vertes et infrastructures sociales, rappelle-t-il. Ça ne sera pas une grande partie de nos projets, mais il y a du potentiel. Si les municipalités et les provinces nous disent qu'il y a quelque chose de très important, on va écouter. »

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