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Les projets de pipelines sèment la controverse au Manitoba

Les Manitobains n'ont pas tardé à faire connaître leur désaccord aux deux projets de pipelines autorisés par le gouvernement fédéral.

Mardi soir, quelques heures après l’annonce de Justin Trudeau, un groupe d’une vingtaine de manifestants de la Première Nation de Roseau River s’était donné rendez-vous à l’intersection de l'avenue Portage et de la rue Main à Winnipeg.

Le chef de la Première Nation, Cecil James, est dégoûté de la décision.

« La réalité est la suivante : craignez-vous qu’une manifestation comme à Standing Rock arrive ici ? Essayez de construire votre pipeline et ça va arriver. Les gens sont prêts à se mettre au front pour empêcher ça », affirme-t-il. Un scénario comme celui de Standing Rock où des milliers de membres d’une Première Nation ont campé afin d’empêcher l’évolution des travaux d’un important pipeline est envisageable selon Mitchell Van Inveveld, un membre de la Coalition Manitoba Energy Justice.

Selon lui, le scénario actuel est « le pire qui pouvait arriver. »

La possibilité d’un scénario comme celui de Standing Rock est tellement possible qu’il ne croit pas que les pipelines seront construits. « Partout, les gens vont se tenir dans le chemin de ces pipelines », affirme l’environnementaliste.

Le grand chef de l’Assemblée des chefs du Manitoba, Derek Nepinak, croit que le gouvernement canadien ne sera jamais capable d’obtenir le consentement sur les projets qui impliquent les sables bitumineux.

« C’est le mauvais choix. Ce n’est pas bon pour les Canadiens », affirme le grand chef.

Des Manitobains pour le projet

L’un des projets approuvés par le gouvernement libéral est le prolongement de la canalisation 3 d’Enbridge qui achemine du pétrole de l’Alberta vers le Wisconsin et qui passe en partie au Manitoba.

Le préfet de la municipalité rurale de Pipestone, Archie McPherson, se réjouit de l’annonce du gouvernement.

La moitié des revenus de la municipalité située à la frontière Saskatchewanaise proviennent de l’industrie du gaz et du pétrole. M McPherson espère qu’ils augmenteront avec l’approbation des projets.

Selon lui, chaque fois que l’industrie pétrolière est stimulée, c’est une bonne nouvelle pour l’Ouest canadien.

« Chaque fois qu’on ajoute dans l’économie, spécialement dans l’Ouest canadien, avec de nouveaux emplois, de nouveaux revenus pour les compagnies de pétroles, c’est du positif », affirme le préfet.

Enbridge prévoit investir 7,5 milliards de dollars pour mettre à niveau et augmenter le volume de son pipeline.

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