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Les propriétaires de lots privés demandent une exemption des droits compensateurs sur le bois d'oeuvre

Les propriétaires de lots boisés au Canada craignent de subir les contrecoups de la guerre du bois d'oeuvre. La Fédération qui les représente demande donc à Ottawa de négocier une exemption des droits compensateurs imposés par les Américains.

Un texte de Michel Nogue

Jean-Guy Comeau est propriétaire de plus de 300 hectares de terrains boisés à Miramichi, N.-B. Il calcule que les billots de bois empilés sur son terrain ont perdu 10 % de leur valeur depuis que le gouvernement américain a décidé d’imposer des droits compensateurs sur le bois de construction canadien. M. Comeau, qui est aussi vice-président de la Fédération des propriétaires de lots boisés du Nouveau-Brunswick, vit dans l’incertitude.

M. Comeau constate que depuis 35 ans, les propriétaires de lots boisés au Nouveau-Brunswick ont perdu une grande partie de leur pouvoir de négociation face aux scieries et aux papetières.

Pourtant, en 1982, le gouvernement provincial a voulu établir un certain équilibre dans ce rapport de force avec la loi sur les terres de la couronne. Cette loi stipulait que les entreprises forestières devaient d’abord s’approvisionner sur des terres privées avant d’avoir accès au bois des terres de la couronne.

Aujourd’hui, les lots boisés fournissent à peine 16 % du bois vendu à l’industrie forestière.

Jean-Guy Comeau croit que cette érosion constante du pouvoir de négociation des propriétaires de lots boisés explique en partie pourquoi le Nouveau-Brunswick est la seule province de l’Atlantique qui ne conserve pas l’exemption des droits compensateurs imposés par les Américains.

« On s'est mis dans le pétrin qu'on est dedans aujourd'hui. Parce qu'on avait toujours été “exemptionné" pour 35 ans. Mais si on est rendu où on est aujourd'hui, regardez ce qu'on a fait. On avait un plan, avec des règles. On a tout changé ça, puis on dit qu’on n'a rien changé. Écoute, on a changé beaucoup. »

De son côté, le président de la Fédération canadienne des propriétaires de lots boisés constate que l'effet sur l’ensemble des membres est plutôt limité, en raison de l’écart entre le dollar canadien et le dollar américain. Mais l’organisme national craint que ses membres deviennent des victimes collatérales du conflit du bois d’oeuvre.

« La possibilité des pertes de marché, des baisses de prix, c'est extrême. Ça nous inquiète énormément », déclare Peter deMarsh.

La Fédération demande aux autorités canadiennes de négocier une exemption pour le bois rond qui provient des terrains privés.

De son côté, Jean-Guy Comeau préfère attendre un peu, avant de vendre les billots de bois empilés sur son terrain. « On va regarder ce qui va se passer. Parce que je n'aime pas travailler, puis ne pas savoir ce que ma corde de bois va me donner, trois jours, trois semaines ou trois mois d'aujourd'hui », déclare-t-il.

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