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Les provinces de l’Atlantique devraient-elles abolir le salaire minimum?

Un groupe de recherche va à contre-courant dans le débat sur la hausse du salaire minimum. L'Institut Atlantique d'études de marché propose d'éliminer carrément les limites, disant que ce dernier nuit aux occasions d'emploi et à la croissance économique, selon l'Institut atlantique des études de marché. Leur étude ne fait pas l'unanimité chez la population.

L’Institut présente mercredi les conclusions de sa nouvelle étude sur les hausses successives du salaire minimum.

Selon les chercheurs, toute augmentation du salaire minimum menace les possibilités d’embauche des gens qui cherchent un emploi légèrement mieux rémunéré. Une hausse de 10 % du salaire minimum réduit de 3 % à 6 % l’emploi des jeunes, indiquent les chercheurs.

Ils ajoutent que l’augmentation du salaire minimum ne réduit pas la pauvreté et qu’elle aggrave les défis des petites et moyennes entreprises et des organismes sans but lucratif.

La véritable solution à la pauvreté, aux bas salaires et au chômage chez les jeunes est une meilleure croissance économique, selon l’Institut. Ce dernier propose pour stimuler l’économie d’augmenter le montant personnel de base qui réduit l'impôt sur le revenu et d’abolir les barrières commerciales entre les provinces.

Plus d'employés gagnent le salaire minimum dans les Maritimes

Le président de l'Institut Atlantique d'études de marché note que toute proportion gardée, les travailleurs de la côte est sont plus nombreux à gagner le salaire minimum.

« On remarque qu'il y a des effets un peu néfastes, si on peut dire ici. On remarque par exemple, à chaque fois qu'on augmente le salaire minimum, on met du monde au chômage. Mais c'est particulièrement dur sur les jeunes. »

« Quelqu'un qui travaille sous ce seuil-là va probablement avoir de la difficulté... »

Cette étude ne fait pas l'unanimité chez la population. Pauline Gallant, coprésidente du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick, n'est pas d'accord avec ces résultats.

Elle y voit un réel danger pour les travailleurs à faible revenu. « Je pense que c'est quasiment reculer dans le temps. » Pour elle, un salaire minimum aiderait le pouvoir d'achat, permettant aux gens de dépenser plus pour améliorer l'économie.

Mélika Belliveau gagne plus que le salaire minimum avec son emploi d'été, dans le terrain de camping Ocean Surf à Shediac. « C'est un petit peu plus de confort, de sécurité. C'est ça qui est le plus. Le bonus, c'est que j'peux m'attendre à un tel montant... je sais que je vais l'avoir. »

Pour la gérante du camping, Sophie Belliveau-Doiron, il est hors de question de baisser le salaire minimum. « Selon moi, il ne devrait pas avoir de salaires moins que [...] 12 dollars. Quelqu'un qui travaille sous ce seuil-là va probablement avoir de la difficulté à arriver. »

C'est une bonne chose pour ses employés, mais Mélika Belliveau craint que le salaire soit plus bas ailleurs. « Je sais que si je reste ici, je vais être bien! Mais ailleurs, ça pourrait être un danger... »

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