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Les retards à Muskrat Falls pourraient coûter cher aux consommateurs néo-écossais

La Commission des services publics et d'examen de la Nouvelle-Écosse devra choisir entre les intérêts des abonnés de Nova Scotia Power et ceux des actionnaires de sa compagnie mère, Emera.

La commission a terminé ses audiences publiques, cette semaine, au sujet des revenus d’Emera. Les retards du chantier de Muskrat Falls, au Labrador, sont au cœur du dossier.

Emera a créé une filiale, NSP Maritime Link, spécialement pour l’installation de câbles sous-marins, qui lient Terre-Neuve-et-Labrador à la Nouvelle-Écosse et qui doivent transporter l’électricité du barrage de Muskrat Falls. NSP Maritime Link veut faire payer aux abonnés de Nova Scotia Power les coûts du câble, de 1,5 G$.

En principe, la mise en exploitation des câbles pourra commencer dès la fin de 2017, comme le prévoyaient le budget et les échéanciers du projet. Mais il n’y aura pas d’électricité provenant de Muskrat Falls avant 2020, trois ans plus tard que prévu.

La facture aux consommateurs?

Des consultants indépendants, qui ont étudié le dossier pour le compte de la Commission des services publics et d’examen, affirment que les abonnés de Nova Scotia Power ne devraient pas payer leur électricité plus cher afin de permettre à Emera d’atteindre ses objectifs de 9 % de rendement en 2018 et 2019.

« À la base, il s’agit d’une vente d’électricité et les abonnés ne reçoivent pas l’énergie qu’on leur avait promise », dit le consultant Pelino Colaiacovo, directeur de la firme Morrison Park Advisors.

Lui et d’autres participants ont demandé à la commission de réduire les tarifs d’électricité, pour forcer Emera à assumer une partie des coûts engendrés par les retards.

Emera affirme pour sa part que Nova Scotia Power aura des problèmes avec ses créanciers si elle n’atteint pas ses objectifs déterminés en 2013. Pelino Colaiacova croit qu’Emera exagère. « Difficile de croire que Nova Scotia Power aura de la difficulté à obtenir du financement quand elle compte sur un système réglementé et une clientèle captive », ajoute le consultant.

Dossier complexe

Pelino Colaiacova reconnaît que la transaction financière pour la ligne Maritime Link est complexe.

Pour satisfaire aux conditions d’une garantie de prêt du gouvernement fédéral, Nova Scotia Power doit générer des flux de trésorerie de 80 M$ en 2018 et 2019. Quand les remboursements du prêt commenceront en 2020, cette somme augmentera à 110 M$ et à 140 M$ en 2021.

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