La scierie de demain devra trouver de nouveaux débouchés pour ses copeaux. Le secteur de la bioénergie pourrait être prometteur.

Un texte de Joane Bérubé

Les scieries vendent toujours 95 % de leurs résidus aux papetières. Toutefois, la crise qui a touché les usines de pâtes et papiers continue de faire des vagues et le marché se réduit comme peau de chagrin.

C’est une industrie en décroissance. Les scieries ne peuvent plus compter que sur les papetières.

Pierre Marineau, président-directeur général de l’Association des producteurs de copeaux de bois du Québec.

Pour survivre, les usines de sciage doivent dès maintenant développer de nouveaux marchés. « On peut faire du mazout et du carburant à partir du bois. C’est récent, mais c’est connu et les scieries sont prêtes à s’associer à des projets comme ça », soutient Pierre Marineau.

Le PDG de l’Association des producteurs de copeaux rappelle que les résidus du sciage représentent 50 % de l’arbre qui entre en usine.

La demande pour la production de carburant à partir des résidus forestiers pourrait être plus importante, croit le porte-parole des usines de sciage. « L’arbre est déjà à la scierie, on n’a même pas besoin de faire un effort supplémentaire pour ramasser de la biomasse forestière », fait valoir M. Marineau.

Selon lui, une usine de fabrication de biocarburant à partir des résidus du bois pourrait obtenir un approvisionnement d’environ 70 000 tonnes de fibre en Gaspésie, avec les usines de GDS, de Cédrico, de Saint-Elzéar, sans déstabiliser les autres marchés comme le papier ou le panneau de particules.

Un groupe comme GDS, qui compte trois usines dans l’Est du Québec, produit environ 90 000 tonnes de copeaux par année. Ces copeaux ne sont pas tous vendus, notamment en raison de la compétition avec les scieries du Nouveau-Brunswick.

Les scieurs attendent donc les projets des promoteurs. « Ça prend des gens qui connaissent ça qui vont aller voir le scieur et qui disent j’ai un bon projet d’usine et qui établissent un partenariat avec le scieur », explique M. Marineau. Il faudrait qu’il y ait des incitatifs pour favoriser la consommation de carburant vert, ajoute-t-il.

Deux usines de fabrication de biocarburant à partir du bois sont actuellement en construction au Québec, une à Parent, en Mauricie, avec des copeaux, et une autre sur la Côte-Nord, à Port-Cartier, avec de la biomasse.

Plus d'articles