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Les tarifs d'électricité variables ne doivent pas être obligatoires, dit Option consommateurs

L'organisme Option consommateurs a bien accueilli la proposition de la Régie de l'énergie de mettre en place des tarifs d'électricité variables selon l'heure de la journée. Il estime toutefois qu'il est important que l'adhésion à ceux-ci soit volontaire.

Dans son avis publié jeudi, la Régie de l'énergie a notamment proposé l'instauration de tarifs modulables qui auraient pour but d'encourager les clients d'Hydro-Québec à réduire leur consommation d'électricité pendant de l'heure de pointe. Les taux seraient donc plus élevés tôt le matin et en fin d'après-midi et seraient plus bas le reste de la journée.

Les clients qui consommeraient de l'électricité aux heures moins coûteuses pourraient ainsi économiser de l'argent. Hydro-Québec pourrait, quant à lui, limiter ses importations. « C’est gagnant pour le client, mais c’est aussi gagnant pour Hydro-Québec et l’ensemble de notre clientèle parce que ça nous permet d’éviter des importations lors des journées très froides qui sont très coûteuses et qui sont reflétées dans les tarifs de tous les clients », a déclaré le porte-parole d’Hydro-Québec Marc-Antoine Pouliot.

Hydro-Québec et le ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Arcand sont favorables à cette proposition. Si Hydro-Québec inscrit ces tarifs dans son dossier tarifaire 2018, qui doit être remis dans un mois à la Régie de l'énergie, puis approuvé, ils seront mis en place à l'hiver 2018.

L'adhésion sera par ailleurs facultative, a assuré le ministre Arcand.

L'importance des tarifs facultatifs

Option consommateurs estime que l'instauration de ces tarifs est une bonne idée pour ceux qui ont les moyens de changer leurs habitudes de consommation, mais qu'ils pénaliseront ceux qui ne peuvent le faire. L'adhésion aux tarifs doit donc être volontaire, selon l'organisme.

Ceux qui sont souvent absents le soir, par exemple, et ceux qui ont une grande maison et qui peuvent réduire la surface de chauffage pourront bénéficier de ces tarifs, a soutenu le coordonnateur en énergie et responsabilité sociale d’Option consommateurs, Olivier Bourgeois, lors d'une entrevue à l'émission En direct avec Patrice Roy.

Mais ceux qui ne peuvent modifier leurs habitudes de consommation seront pénalisés, a ajouté M. Bourgeois. « Vous pouvez réduire votre consommation de chauffage ou vous pouvez bien vouloir le faire, mais lorsqu'il fait moins 20 [degrés] dehors et que vous avez une habitation qui n'est pas très bien isolée, je vois mal une masse de gens [...] réduire de façon significative sa demande d'énergie en chauffage », a-t-il indiqué.

Les ménages à faible revenu sont très souvent des locataires, a-t-il souligné, et ils ne peuvent pas faire des améliorations locatives à leur gré. « S'il y a une augmentation des tarifs en période de fortes demandes énergétiques, en chauffage essentiellement l'hiver, les personnes qui ont peu de revenus ne pourront pas déménager ou faire des améliorations [locatives]. Elles vont donc payer la note », a-t-il fait valoir.

Olivier Bourgeois a néanmoins noté que la Régie de l'énergie a bien identifié cet enjeu dans son avis.

Des tarifs efficaces?

M. Bourgeois a par ailleurs souligné que la Régie d'énergie a pris en considération les résultats peu convaincants du projet pilote Heure juste d'Hydro-Québec, qui visait à changer les habitudes de consommation d'électricité en fonction des heures de la journée. Pendant ce projet pilote, des ménages profitaient de tarifs préférentiels lors des périodes de consommation moins achalandées.

« Les résultats étaient plutôt décevants. Les gens ne modifiaient pas tant que ça leurs habitudes de consommation », a dit Olivier Bourgeois.

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