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Licenciements chez Cenovus : « restez à votre bureau et attendez »

Cenovus avait prévenu depuis des semaines : entre 500 et 700 employés et sous-traitants vont quitter la pétrolière. Une femme renvoyée des bureaux de Calgary se dit choquée de la manière « démoralisante » choisie par l'entreprise pour les licenciements.

Cette femme raconte que les employés ont reçu la semaine dernière un courriel leur demandant de se trouver à leur bureau pour attendre l’éventuelle mauvaise nouvelle. Radio-Canada a accepté de ne pas dévoiler son identité afin de ne pas handicaper sa recherche d’emploi.

Les licenciements ont été annoncés service par service, selon un calendrier prédéterminé.

Invités à attendre

Le courriel expliquait que les employés devaient se préparer à attendre à leur bureau une grande partie de la matinée. « Faites ce que vous avez à faire si vous devez vous rendre aux toilettes ou à la cuisine », ajoutait le message.

« On était assis et on n’avait rien d’autre à faire que d’attendre », raconte-t-elle. « Quand mon gestionnaire est arrivé à la porte de mon bureau, j’ai compris. »

« C’est un peu démoralisant », témoigne l’ancienne employée qui dit ne pas s’être senti respectée.

Les employés licenciés ont vu leurs accès informatiques supprimés immédiatement, mais ont été autorisés à rester dans les locaux le temps de saluer leurs collègues avant de partir.

C’est une méthode qui peut sembler difficile, reconnaît la professeure Melanie Peacock, de l’Université Mount Royal de Calgary, mais elle a l’avantage d’être rapide.

Les gestionnaires « n’ont pas à courir partout pour trouver les gens. C’est bien mieux organisé et avec le recul, c’est moins cruel : vous attendez, vous êtes informé et ensuite vous pouvez passer à autre chose », dit-elle.

15 % des effectifs

Un porte-parole de Cenovus a refusé de commenter la méthode choisie, se contentant d’assurer que l’entreprise pensait tenir son objectif de procéder aux licenciements avant le mois de mars.

Cenovus prépare le départ de 15 % de ses effectifs. Un an après le rachat de l’américaine Conoco, la priorité est à la réduction de ses dépenses et de son endettement.