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Licenciements le lendemain de Noël : le syndicat veut contester

Du côté de Fort McMurray, les employés du camp de travailleurs de Beaver River Lodge, qui perdront leur emploi le lendemain de Noël, comptent contester leur licenciement. Leur syndicat croit que les employeurs se servent du ralentissement économique comme prétexte pour remplacer les syndiqués.

Le président du syndicat des travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, Douglas O'Halloran, est outré du renvoi de 170 employés le lendemain de Noël.

Il ne veut pas en rester là et compte contester la décision de Civeo de les licencier.

« Nous ne sommes pas convaincus que l’entreprise a le droit de faire ce qu’elle fait », questionne Douglas O’Halloran.

Officiellement, l'entreprise qui emploie les travailleurs licenciés, Buffalo Métis Catering, a déclaré avoir perdu son contrat avec le camp de travailleurs appartenant à la multinationale Civeo, qui elle invoque le ralentissement économique pour justifier sa décision.

Civeo a affirmé par courriel que l’annulation de ce contrat permettra de préserver 150 emplois à Beaver River Lodge, refusant de donner plus de commentaires.

Pratique déloyale?

Le syndicat soupçonne la multinationale d'avoir utilisé le sous-traitant Buffalo Metis Catering pour faciliter le remplacement des 170 employés syndiqués par des employés non syndiqués, ce qui pourrait être illégal.

Le professeur de droit Eric Adams, de l'Université de l'Alberta, explique que « si le propriétaire du camp est l'employeur de [Buffalo Metis Catering] et que les syndiqués sont remplacés par des non syndiqués au lendemain de leur renvoi, le syndicat pourrait invoquer une pratique déloyale en vertu du code des relations de travail de l'Alberta. »

Douglas O’Halloran appréhende qu’une flotte d’employés non syndiqués prenne la place des travailleurs actuels dès qu’ils auront quitté les lieux.

Après avoir vérifié au registraire des entreprises de l’Alberta, Civeo possède 100 % des actions avec droit de vote du sous-traitant Buffalo Metis Catering.

Elle aurait donc annulé son contrat avec une organisation dont elle est actionnaire avec pour résultat de licencier 170 employés syndiqués.

Si c’est le cas alors ce n’est pas permis.

Eric Adams, professeur de droit

La loi contient en effet des dispositions contre la discrimination envers des employés parce qu'ils sont membres d'un syndicat.

Doug O'Halloron compte aussi invoquer le fait que l'entreprise ne peut pas renvoyer des travailleurs alors qu'elle est en train de négocier leurs conditions salariales.

Buffalo Metis Catering n’a pas fait suite aux demandes d’entrevue de Radio-Canada.

En attendant un recours, les travailleurs, eux, doivent vider leur casier avant le 27 décembre.

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