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Location de brise-glaces : la Davie presse le fédéral d'agir

La Davie attend toujours une réponse de la Garde côtière canadienne (GCC) quant à son offre de lui louer quatre brise-glaces pour pallier le manque d'effectifs sur le Saint-Laurent. À l'approche de l'hiver, le chantier maritime de Lévis lance un ultimatum au fédéral.

Un texte de Maxime Corneau

Au printemps dernier, le chantier Davie annonçait avoir fait une offre d’achat sur quatre brise-glaces qu’elle souhaitait louer à la Garde côtière canadienne. Cette dernière recherchait alors des solutions pour entretenir le Saint-Laurent, alors que l’industrie déplore un manque criant d'effectifs.

Selon Spencer Fraser, le président-directeur général de Federal Fleet Services, une société sœur de la Davie, les offres d’achat expireront le 31 décembre prochain. Si le gouvernement fédéral ne donne pas de réponse rapidement à la Davie, d’autres pays seront en lice pour acheter les brise-glaces.

La proposition de louer des brise-glaces sur une période de 10 ans, nommée le projet Resolute, serait selon M. Fraser la solution au manque de ressources de la GCC jusqu’à la livraison des nouveaux brise-glaces canadiens, attendue pour 2030.

Le plus gros brise-glace dans la mire de la Davie est l'Aiviq, présentement à quai en Floride. Les trois autres navires se trouvent en Europe.

« Nous, on est prêts. Si le gouvernement décide demain de demander des brise-glaces, les navires peuvent être ici en quelques semaines. » Selon lui, des modifications mineures sont nécessaires avant leur mise en service, notamment la construction d’une plateforme d'atterrissage pour des hélicoptères sur tous les navires.

L'ultimatum survient dans le contexte où la Davie recherche intensivement des contrats. Avec la fin des travaux sur le navire Astérix, le chantier laisse planer la possibilité de devoir procéder à 800 mises à pied. La confirmation pour la location des brise-glaces pourrait consolider plusieurs centaines d’emplois.

Évaluation sous peu

La Garde côtière refuse de dire si l'option proposée par le chantier maritime Davie sera retenue ou non.

Dans un échange de courriels, le porte-parle de l'organisation, Vance Chow, écrit que la GCC a sollicité récemment l'industrie pour « trouver comment acquérir une capacité de déglaçage supplémentaire et provisoire », mais que l'analyse des propositions n'est pas amorcée.

Dans sa réponse, la Garde côtière ne précise pas si des navires privés seront appelés en renfort dès cet hiver.

L’industrie maritime presse le pas

La présidente de la Société de développement économique du Saint-Laurent, Nicole Trépanier, voit pour sa part le temps froid s'installer avec beaucoup d’inquiétude. L’hiver dernier, de nombreux incidents ont été rapportés sur le fleuve au Québec.

Mme Trépanier estime que six brise-glaces devraient être ajoutés pour rendre la voie navigable du Saint-Laurent et le Saguenay parfaitement sécuritaires en période hivernale.

« On ne peut plus pelleter le problème par en avant ! », illustre-t-elle.

En considérant que la date de livraison d’un nouveau brise-glace canadien serait en 2030, le projet Resolute devient une option valable, selon elle. « On ne peut pas vivre avec l’épée de Damoclès pendant autant d’années. Il faut envisager d’autres avenues », dit-elle.

Nicole Trépanier souligne d'ailleurs que les primes d'assurance des armateurs et des propriétaires de navires pourraient être à la hausse, en raison des incidents sur la voie navigable. Cette situation pourrait nuire à l'industrie et à la compétitivité de l'industrie maritime du Saint-Laurent.

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