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Maïs de Neuville : discorde autour de l'appellation d'origine contrôlée

Deux mois après son implantation, l'appellation d'origine contrôlée du maïs sucré de Neuville provoque du mécontentement chez certains producteurs de Portneuf.

Un texte de Charles D’Amboise

Jusqu’à maintenant, cinq plaintes ont été déposées au Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CARTV) parce que des cultivateurs utilisent l’appellation « maïs de Neuville » sans avoir reçu cette reconnaissance.

« On parle de cultivateurs qui utilisent l’expression maïs de Neuville, sans avoir obtenu l’appellation. On a des usurpateurs qu’on va poursuivre, explique la présidente du CARTV, Pascale Tremblay. À ce stade-ci, on cherche à éliminer les usurpateurs […] On a une inspectrice qui visite les points de vente et qui continuera à le faire d’ici la fin de la saison. »

Pour obtenir l’appellation d'origine contrôlée - aussi connue comme l’Identification géographique protégée (IGP) -, les cultivateurs doivent débourser annuellement entre 500 et 700 $, affirme l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville.

Cultivateurs réfractaires

Possédant un terrain sur le territoire de Neuville et de Donnacona, le propriétaire de la Ferme Steve Gingras a décidé de ne pas se prévaloir de l’appellation « maïs sucré de Neuville » en raison du coût trop élevé des procédures administratives.

Depuis l’entrée en vigueur de l’appellation contrôlée, les employés de la ferme ont reçu un mémo : ils ne peuvent plus utiliser l’appellation maïs de Neuville en parlant aux clients, et ce, même si le blé d’Inde y a été cultivé.

« On ne peut pas dire que c’est du maïs de Neuville, assure Patricia, une employée de la ferme. Il faut dire que c’est du maïs qui vient de la ferme et on pointe la pancarte […] Si on le dit, on va se faire avertir par le propriétaire. On peut avoir une amende aussi. »

Rencontrés dans un kiosque du Marché public de Sainte-Foy, plusieurs employés de la Ferme Steve Gingras éprouvent un certain malaise face à la nouvelle réglementation. « On doit jouer sur les mots parce que notre blé d’Inde, il vient de Neuville », souligne une autre employée qui ne voulait pas se nommer.

La secrétaire-trésorière de l'Association des producteurs de maïs sucré de Neuville, Isabelle Béland, assure toutefois qu’une adhésion à l’IGP est nécessaire pour préserver la réputation du blé d’Inde de Neuville.

« On travaille fort. Les générations avant nous ont travaillé fort pour produire ce maïs-là et le faire connaître et le faire rayonner. On veut continuer à faire la même chose. »

L’identité des cinq cultivateurs visés par les plaintes n’a pas été dévoilée par le CARTV.

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