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Metrolinx avise Bombardier de son intention d’annuler un contrat de 770 millions

L'agence de transport ontarienne Metrolinx a déposé un avis d'intention qui pourrait mener à l'annulation d'un contrat de 770 millions de dollars qu'elle avait conclu avec Bombardier. Le constructeur doit fournir 182 trains légers en Ontario.

Or, le véhicule test, qui devait être assemblé l'été dernier, n'est toujours pas prêt.

« Il y a eu quelques inquiétudes quant à la performance de Bombardier alors qu'il y a eu des problèmes importants de qualité et de fabrication qui jusqu'à présent n'ont pas été résolus », dit la porte-parole de Metrolinx, Anne Marie Aikins, dans un communiqué jeudi.

« Nous avons donc pris les mesures à notre disposition en vertu du contrat », précise Metrolinx.

Cette décision de l'agence ontarienne intervient quelques mois seulement après qu'elle eut commandé 125 wagons de train à deux étages à Bombardier pour 428 millions.

En juillet cependant, Metrolinx avait exprimé des inquiétudes quant aux retards de livraison des véhicules pour les nouvelles lignes Eglinton-Crosstown et Finch Ouest à Toronto.

Metrolinx avait enclenché un processus du contrat pouvant mener à l'obtention d'un dédommagement.

Bombardier a accumulé un retard de près de deux ans dans la livraison des véhicules légers sur rail qui devaient servir à effectuer les premiers essais.

« Nous allons continuer de travailler avec Bombardier sur ce problème et nous allons respecter nos engagements », précise toutefois Anne Marie Aikins.

De son côté, le président de la Commission des transports de Toronto (CTT) Josh Colle « comprend la frustration de Metrolinx », Bombardier accusant des mois de retarddans la livraison des nouveaux tramways de la ville. M. Colle espère toutefois que la dispute contractuelle ne retardera pas l'entrée en service de la nouvelle ligne de train léger de l'avenue Eglinton. Selon lui, il serait « difficile » pour Metrolinx de trouver un autre fournisseur à ce moment-ci.

Pas étonnant

Le porte-parole de Bombardier, Marc-André Lefebvre, estime que l'avis fait partie du processus « normal ». « Cela ne nous a pas étonnés », précise-t-il.

Selon M. Lefebvre, les délais de livraison du prototype n'auront pas de conséquence sur la production proprement dite des véhicules.

Questionné sur les conséquences d'une éventuelle annulation des contrats de Metrolinx, le porte-parole a répondu que Bombardier « se concentrait sur la situation actuelle et les progrès qui sont réalisés » et non sur les spéculations.  

Vendredi, le gouvernement ontarien s'est d'ailleurs fait rassurant. La première ministre, Kathleen Wynne, a affirmé que le partenariat de la province et de Bombardier était important pour l'économie de l'Ontario.

Le ministre des Transports, Steven Del Duca, a également rappelé que le contrat n'était pas annulé pour l'instant et qu'on ne pouvait pas encore parler de conséquences financières ou d'impact sur le service aux usagers.

Les employés de l'usine de Bombardier à Kingston, en Ontario, où l'assemblage des rames de train léger doit avoir lieu, n'ont pas voulu commenter.

De son côté, Mario Guignard, le président du syndicat des employés de l'usine de Bombardier de La Pocatière, au Québec, qui devait contribuer à la production, ne s'inquiète pas de cet avis pour l'instant.

Les retombées pour La Pocatière, notamment le nombre d'employés visés, n'étaient pas encore confirmées.

Avec les informations de CBC