Retour

Mettre ses idées d’entreprise à l’épreuve

De jeunes entrepreneurs en herbe qui rêvent d'aider leur communauté mettront à rude épreuve leur projet d'affaires ce week-end, durant le Startup Nations à l'Université Concordia de Montréal.

Un texte de Pascale Fontaine

Au terme de trois jours d’ateliers et de conférences, ces jeunes Autochtones issus de 11 communautés différentes pourront tester huit de leurs idées dimanche devant un panel de juges, à la sauce Dans l’oeil du dragon.

« Notre plus grande contribution sera de donner de la rétroaction positive aux participants et de faire ressortir les faiblesses de leur modèle afin qu’ils puissent l’améliorer », résume Ronald Abraira, juge du concours et professeur en entrepreneuriat à l’École de gestion John Molson à Montréal.

Bref, le but est surtout de gagner en confiance.

Valoriser les entrepreneurs

« C’est un événement porteur : ils voient qu’ils ne sont pas seuls, indique Karine Awashish, instigatrice du projet-pilote et férue d’économie sociale à la Commission de développement économique des Premières Nations du Québec et du Labrador.

Un problème : les quelques modèles autochtones font plutôt profil bas, selon elle.

Garderie pour parents aux études

Pour Marie-Alex Charland de Maliotenam, cela passe par l’intégration d’une garderie à l’Institution Kiuna. Ce n’est pas un hasard : cet unique cégep autochtone situé à Odanak propose un volet sur l’entrepreneuriat.

La jeune maman de 25 ans comprend les difficultés de changer de communauté sans avoir de réseau qui peut prendre soin de son enfant. Elle rêve que les jeunes parents puissent reprendre les études en toute sérénité, avec les petits juste à côté.

« Les enfants pourraient apprendre à trapper, préparer la banik ou parler leur langue », imagine déjà Marie-Alex, malgré les obstacles qui se dressent devant elle.

Assurances, inspection du bâtiment, dimensions réglementaires des pièces : l’éducatrice a encore « un long chemin devant elle » avant de voir aboutir son projet.

Sourire aux lèvres, cette finissante demeure confiante malgré tout. Son bébé verra peut-être le jour entre les mains de la prochaine cohorte.

Miser sur le café

En fait, le collège mise d’abord sur un projet de cantine dans ses murs.

« On cherche à pourvoir les besoins et manger en fait partie », lance Yoan Jérôme, conducteur de train pour la compagnieTshiuetin, à Sept-Îles, et entrepreneur en devenir.

L’étudiant de 34 ans évalue comment amener de l’eau courante ou installer une cuisine dans la cafétéria. Les profits de cette première entreprise serviront à financer les autres projets étudiants.

Allumé par son retour sur les bancs d’école, Yoan Jérôme voit déjà plus loin. Pourquoi ne pas louer de l’équipement sportif?

« C’est dur de tout transporter de son village, estime-t-il. Des skis de fond et des raquettes, ça ne coûterait pas trop cher. » Il espère ainsi promouvoir l’activité physique et « pas juste les études ».

Dans une petite classe de la rue MacKay, au centre-ville de Montréal, les deux créateurs ont les yeux rivés sur le conférencier à l'affût de ce qui pourrait les aider dans leur aventure.

Aux murs, des papillons jaunes ponctuent des canevas pour modèles d’affaires. Et qui sait si le prochain succès autochtone ne se trouve pas parmi ces notes?

Plus d'articles

Commentaires