Retour

Microbrasseries et causes sociales : d'une bière, deux coups

La bière que vous achetez peut parfois servir à parrainer les bélugas du fleuve Saint-Laurent, à soutenir des groupes d'aide humanitaire ou contribuer à la protection des animaux en voie d'extinction. Plusieurs microbrasseries québécoises s'associent à des causes, et elles se défendent bien de le faire uniquement pour des raisons de marketing.

Un texte d'Anne-Marie Provost, de Grand Montréal

Au dépanneur Peluso sur la rue Rachel, quelque 400 sortes de bières de microbrasseries s'accumulent dans une section spéciale à l'arrière du magasin. Les conseillers spécialisés, qui parcourent les allées pour venir en aide aux clients, voient souvent passer des bières associées à des causes sociales.

« Ça s'est toujours un peu fait, mais on en remarque de plus en plus », affirme Stéphanie Therrien, qui est conseillère au dépanneur et qui suit le milieu brassicole de près depuis trois ans.

Elle cite spontanément en exemple Les Bières Béluga Ltée, dont 11 ¢ par bouteille vendue servent à parrainer un béluga du fleuve Saint-Laurent, et la Nord-Sud, pour laquelle 10 % des profits sont remis à l'organisme Solidarité Nord-Sud. Le magasin a également dans ses réfrigérateurs la Sein d'esprit, qui envoie 1 $ par bouteille à l'organisme le Ruban Rose qui offre du soutien aux femmes atteintes du cancer du sein. 1164 $ ont été récoltés pour l'année 2014 et les chiffres pour 2015 ne sont pas encore sortis.

On retrouve aussi quelques caisses de la Rescousse sur les tablettes. Brassée depuis six ans par la microbrasserie Dieu du Ciel!, elle a servi à remettre près de 65 000 $ à la Fondation de la faune du Québec pour venir en aide aux animaux en voie d'extinction.

L'entreprise s'engage également de temps en temps dans des causes ponctuelles. Une bière a récemment été brassée pour venir en aide à CIBL, qui connaît de gros problèmes financiers. Un chèque de 1000 $ a été remis à la station de radio indépendante.

« C'est dans notre ADN »

Plus qu'une question de marketing, le président de l'Association des microbrasseries du Québec pense que s'impliquer dans des causes « est dans l'ADN » des microbrasseries et souligne que cela se fait régulièrement, de plusieurs façons. 

« Les microbrasseries s'impliquent dans plein de petites causes, elles sont très implantées dans leur milieu et veulent aider », affirme Frédérick Tremblay, qui représente quelques 60 microbrasseries. Celui qui brasse dans la région de Charlevoix affirme que plusieurs jeunes reviennent dans leur coin de village pour ouvrir une microbrasserie, avec un fort désir de s'impliquer dans leur région et de redonner à leur communauté.

On brasse donc des bières ponctuelles dont une partie des profits servira différentes petites causes, on devient partenaire d'événements culturels, etc.

« C'est sûr qu'il y en a qui profitent de la vague pour se donner une belle image », reconnaît toutefois Frédérick Tremblay. Mais selon lui, il s'agit d'une minorité et la plupart le font pour une question de valeurs.

De son côté, le professeur en marketing à HEC Jacques Nantel souligne que peu importe les intentions derrière, ce genre d'action reste profitable pour une entreprise.

« C'est une façon très efficace d'augmenter sa visibilité et sa notoriété notamment auprès du public cible que l'on vise. Vous allez avoir plus de visibilité en faisant une action comme celle-là qu'en payant l'équivalent en publicité ou ailleurs », souligne-t-il.

Vous voulez réagir à ce texte ou communiquer avec Anne-Marie Provost, écrivez à anne-marie.provost@radio-canada.ca.

Plus d'articles

Commentaires