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Mise à jour économique du Québec : de l'argent frais pour l'éducation et la santé

Grâce au surplus budgétaire de 2,2 milliards de dollars qui a été dégagé au cours de l'exercice financier 2015-2016, Québec injectera des crédits additionnels en éducation et en santé dans les prochaines années, a indiqué le ministre des Finances Carlos Leitao dans sa mise à jour économique mardi après-midi.

Ainsi, 35 millions de dollars seront ajoutés en éducation d'ici la fin de l'exercice financier, et 110 millions l'an prochain. Cette dernière somme sera récurrente.

Le domaine de la santé recevra de son côté 100 millions de dollars de plus cette année, et 300 millions de plus l'an prochain. Là aussi, cette somme de 300 millions devrait être récurrente. Ces sommes supplémentaires porteront donc la croissance des dépenses en santé à 3,3 % en 2016-2017 et à 3 % en 2017-2018. C'est une hausse prévue de 0,6 % par rapport à ce qui avait été annoncé dans le budget de mars dernier.

Selon le gouvernement, les investissements supplémentaires en éducation seront utilisés notamment pour améliorer la réussite scolaire et pour bonifier la formation continue et la formation professionnelle, afin de mieux lier cette dernière aux besoins du marché du travail. Des sommes seront aussi allouées à la francisation des immigrants.

En outre, les deniers supplémentaires accordés au milieu de la santé seront dirigés entre autres vers l'amélioration des soins à domicile, des soins en CHSLD et des soins dits intermédiaires, soit les soins spécialisés et ultraspécialisés. Québec affirme vouloir également développer de nouveaux services.

Le gouvernement veut aussi utiliser les surplus budgétaires accumulés pour injecter plus d'argent dans l'économie de la province, notamment pour aider au développement économique des régions et au tourisme. Une somme additionnelle de 200 millions de dollars sera donc versée dans ce but chaque année, et dès l'exercice financier en cours.

Afin de réparer les infrastructures vétustes et d'en construire de nouvelles, le gouvernement prélèvera également 400 millions de dollars de ses surplus pour investir dans ce domaine en 2017-2018. Au total, les investissements en infrastructures s'élèveront à 10 milliards de dollars cette année-là. Selon le ministre des Finances, les infrastructures permettant le développement économique et les infrastructures sportives en région seront priorisées.

Par ailleurs, le ministre des Finances confirme qu'il avance l'abolition de la taxe santé, qui sera éliminée le 1er janvier 2017, plutôt qu'en 2018. Le gouvernement perdra ainsi un revenu de 53 millions de dollars en 2016-2017 et de 179 millions en 2017-2018.

M. Leitao a également tenu à souligner la diminution de la dette brute du Québec, qui a baissé de 610 millions de dollars du 31 mars 2015 au 31 mars 2016, grâce à « la bonne tenue de l'économie, au rétablissement de l'équilibre budgétaire et aux versements au Fonds des générations ».

Une économie en croissance

Selon M. Leitao, tous les indicateurs de l'économie québécoise sont en progression.

De mai 2014 à septembre 2016, dit-il, 128 000 emplois ont été créés dans la province, dont 125 000 à temps plein et 98 000 dans le secteur privé. De plus, souligne-t-il, on a vu une diminution de 25 000 du nombre de prestataires de la sécurité du revenu depuis mai 2014.

Le ministère des Finances prévoit une croissance de l'économie québécoise de 1,4 % en 2016, et de 1,5 % en 2017.

L'opposition dénonce les libéraux pour avoir sabré les services publics

Alors que le ministre Leitao brosse un portrait très reluisant de l'économie québécoise, la vision qu'en a Nicolas Marceau, porte-parole en matière de finances du Parti québécois, est beaucoup plus sombre.

Selon lui, la situation économique du Québec n'est pas très bonne, et même inquiétante. Il affirme également que le gouvernement devrait être « gêné » de la manière dont il a réalisé le surplus qu'il annonce aujourd'hui.

M. Marceau dénonce la coupe dans les services publics réalisée par les libéraux ainsi que l'augmentation du fardeau fiscal des familles.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, est du même avis que son collègue péquiste. Il affirme lui aussi que les surplus ont été réalisés « sur le dos des services à la population et sur le dos des contribuables ».

M. Legault critique également la décision du gouvernement de prendre « 2 milliards » de ses revenus pour rembourser la dette.

Sur Twitter, le député de Mercier, Amir Khadir, a jugé que le gouvernement mentait en présentant ses « bonifications budgétaires » comme un réinvestissement. « Le ministre Leitao n'a pas fait le ménage dans la maison, il a plutôt mis le feu dans la cabane pendant deux ans et demi », a résumé, en 121 caractères, le député de Québec solidaire.