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Mise à jour économique : Québec réinvestit en éducation

Québec révise à la baisse ses prévisions de surplus pour cette année et les prochaines années. En raison d'une croissance économique moins forte et d'un investissement de 100 millions de dollars supplémentaires sur deux ans en éducation, le surplus projeté pour 2015-16 passe de 1,6 à 1,5 milliard de dollars avant le versement au Fonds des générations.

Un texte de Gérald Fillion

Les surplus prévus jusqu'en 2020 sont également légèrement revus à la baisse, bien qu'ils se situeront entre 2 et 3 milliards de dollars par année. En entrevue à Radio-Canada, le ministre des Finances Carlos Leitao a assuré que le gouvernement avait repris le contrôle des finances. 

Québec ajoute 20 millions de dollars à ses dépenses en éducation cette année et 80 millions en 2016-17. La croissance des dépenses de programmes sera de 1,7 % cette année au lieu de 1,2 %, tel qu'annoncé.

Pour le moment, impossible de savoir à quoi servira cet investissement en éducation. Carlos Leitao a annoncé que c'était un investissement qui serait très ciblé. « Il vise une clientèle particulière. Mon collègue, le ministre de l'Éducation, vous donnera les détails dans les prochains jours », dit-il. 

Québec revoit à la baisse sa prévision de croissance du PIB de 2 % à 1,5 % cette année et à 1,7 % l'an prochain.

Par ailleurs, le gouvernement a publié les résultats officiels de son exercice 2014-15 ce matin, l'exercice qui s'est terminé le 31 mars dernier. Contre toute attente, Québec a dégagé un surplus de 136 millions de dollars avant le versement au Fonds des générations plutôt qu'un déficit d'un milliard de dollars comme prévu.

M. Leitao a affirmé que cette marge de manoeuvre dégagée par les surplus n'était pas suffisante pour réinvestir dans les programmes publics car ce sont les transferts au fond des générations qui en absorbe la majorité. 

Le ministre des Finances a poursuivi en précisant qu'il est indispensable de transférer ces fonds afin d'atteindre l'objectif de 45% du PIB pour 2026. « Si on ne peut pas atteindre cet objectif, nous serons dans de beaux draps », explique-t-il. 

Ce qui a permis au gouvernement Couillard d'afficher un excédent, c'est le fait d'avoir dépensé un milliard de moins que prévu dans le budget et d'avoir pu épargner 560 millions de dollars en coûts d'intérêt en raison de la faiblesse des taux.

Un équilibre atteint au détriment des contribuables, dénonce l'opposition

Le porte-parole de l'opposition officielle en matière de finances, Nicolas Marceau, fait valoir que l'équilibre budgétaire est en voie d'être atteint au prix d'une « austérité sévère » et d'une hausse de 1500 $ du fardeau fiscal moyen des particuliers.

En entrevue, M. Leitao s'est défendu en disant que « l'on doit être capable de vivre à l'intérieur de nos moyens ».

Le député du Parti québécois note que le ratio de la dette par rapport au produit intérieur brut (PIB) a augmenté, un signe de « la détérioration de la santé des finances publiques ».

M. Marceau blâme le gouvernement pour une « croissance très lente ». Il s'en prend aux compressions des libéraux, qu'il qualifie d'« autodestructrices ».

« On ne peut pas faire confiance à ce ministre des Finances », a renchéri le député de la Coalition avenir Québec François Bonnardel. Le porte-parole de la CAQ en matière de finances clame que le plan économique du gouvernement est une « honte ».

Québec solidaire s'insurge de la faiblesse du réinvestissement en éducation, qui survient au moment même où le gouvernement annonce des réductions de 120 millions de dollars dans le budget des garderies subventionnées.

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