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Miser sur les exportations, un pari risqué pour l'Î.-P.-É.?

Est-il risqué pour l'Île-du-Prince-Édouard de miser davantage sur les exportations au moment où son principal partenaire d'affaires, les États-Unis, envoie un signal protectionniste?

Un texte de François Pierre Dufault

La question se pose dans la province insulaire après l'investiture du nouveau président américain Donald Trump, vendredi.

L'Île-du-Prince-Édouard exporte 62 % de ses marchandises vers les États-Unis.

Dans un document-cadre pour la croissance économique intitulé The Mighty Island, ou « L'île puissante », le premier ministre Wade MacLauchlan met beaucoup l'accent sur l'entrepreneuriat pour doper les exportations de la province et créer des emplois. C'est la clé d'une croissance durable, selon lui.

L'écart entre les importations et les exportations de l'Île-du-Prince-Édouard s'élève à plus d'un milliard de dollars par année.

Or, le président américain Donald Trump a plaidé en faveur de mesures protectionnistes dans son discours d'investiture.

À partir d'aujourd'hui, ce sera les États-Unis d'abord ! Nous obéirons à deux règles simples : acheter américain et embaucher américain.

Donald Trump, président des États-Unis

Le président des États-Unis a aussi fait connaître son intention de renégocier rapidement l'Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) avec le Canada et le Mexique.

« Beaucoup d'incertitude »

L'Île-du-Prince-Édouard a de bonnes raisons de s'inquiéter du discours du nouveau président américain, selon le professeur d'économie Pierre-Marcel Desjardins, de l'Université de Moncton.

On ne sait pas quel va être le résultat de la nouvelle administration Trump sur les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis. Il y a beaucoup d'incertitude. Et en économie, on n'aime pas l'incertitude.

Pierre-Marcel Desjardins, professeur d'économie à l'Université de Moncton

La proximité géographique et culturelle entre le Canada et les États-Unis font du voisin du Sud un partenaire d'affaires « privilégié » mais aussi, de par sa taille, un partenaire incontournable, estime Pierre-Marcel Desjardins.

L'Île-du-Prince-Édouard pourrait, malgré tout, bien se tirer d'affaires parce qu'elle demeure l'une des provinces canadiennes qui dépend le moins des exportations vers les États-Unis, selon le professeur. Au Nouveau-Brunswick, compare-t-il, ce sont plus de 80 % des exportations qui sont destinées au marché américain.

« Tous les moyens possibles »

Pour sa part, le premier ministre Wade MacLauchlan dit qu'il prend « tous les moyens possibles » pour souligner l'importance, selon lui, d'une économie intégrée entre le Canada et les États-Unis.

Nous sommes toujours préoccupés de faire avancer la relation et le partenariat entre le Canada et les États-Unis. C'est très important pour nos deux économies et pour l'économie intégrée que nous avons.

Wade MacLauchlan, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard

Wade MacLauchlan dit qu'il fonde beaucoup d'espoirs sur la prochaine rencontre des dirigeants des cinq provinces de l'Est du Canada et des six États de la Nouvelle-Angleterre, qui aura lieu à l'Île-du-Prince-Édouard incidemment, et où, pour la première fois, il y aura des échanges « business à business » entre des gens d'affaires des deux côtés de la frontière.

Le professeur d'économie Pierre-Marcel Desjardins croit, lui aussi, qu'il est important pour l'Île-du-Prince-Édouard d'entretenir des liens forts avec le nord-est des États-Unis. Il rappelle que les États de la Nouvelle-Angleterre « sont des partenaires commerciaux depuis des siècles ». Et il y a, selon lui, « des liens commerciaux qui vont continuer à exister » peu importe les politiques de Washington.

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