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Mont-Laurier voit rouge après la fermeture d'un centre de distribution par PepsiCo

Une vingtaine de commerces de Mont-Laurier, dans les Hautes-Laurentides, poursuivent leur mouvement de boycottage des produits Pepsi, entrepris après que l'entreprise eut décidé, au printemps, de transférer son centre de distribution à Montréal.

Un reportage de Catherine Kovacs

C’est au printemps que PepsiCo, compagnie basée à Québec, a décidé de fermer ce centre qui était en place depuis 80 ans. Cette perte de 25 emplois bien rémunérés pour la région, avec des salaires horaires de 27 $, a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Appuyés par la Chambre de commerce locale, divers marchands de Mont-Laurier ont décidé de remplacer les produits Pepsi par ceux de Coke. Cela inclut d’autres marques de breuvage comme 7 Up, Tropicana, Aquafina, Rockstar Energy, Gatorade, Brisk et Mountain Dew, entre autres.

Début juin, les citoyens de Mont-Laurier étaient dans la rue pour dénoncer la fermeture du centre de distribution et faire entendre leur désarroi aux autorités devant ce qu'ils considèrent comme une dévitalisation de leur région.

D'autres transferts d'emplois contestées

C'est que cette fermeture du centre de distribution de Pepsi s'ajoute au transfert de 33 cadres de l’Hôpital de Mont-Laurier vers Saint-Jérôme. Cette décision s’inscrivait dans la réforme annoncée l'an dernier par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui prévoyait de centraliser les effectifs.

De plus, le gouvernement menace de fermer une pisciculture dans la municipalité voisine de Lac-des-Écorces d'ici trois ans et de transférer sept emplois en production à la station de Baldwin-Coaticook, en Estrie, que le ministère de la Faune a décidé d’agrandir.

La station piscicole de Lac-des-Écorces produit les trois quarts des poissons utilisés par le gouvernement pour ensemencer les lacs et les cours d'eau du Québec, mais ses installations, qui datent des années 1970, auraient besoin d'environ 5 millions de dollars en investissements, notamment pour construire une station d'épuration des eaux usées.

Le président de la Chambre de commerce de Mont-Laurier, Éric Tourangeau, rappelle que l'économie locale dépend à 80 % de la forêt, un enjeu majeur en ces temps de nouvelle crise du bois d’œuvre.

Mont-Laurier a donc intérêt à diversifier son économie. « Dans la région, on a 14 000 habitants à peu près. Si on perd 40 emplois là, 40 emplois là, un moment donné, mon dépanneur [...] c'est les payeurs de taxes qui nous amènent l'argent. Si on n’a pas de payeurs de taxes, on va fermer nos commerces », affirme Francis Verreault, propriétaire de dépanneur.

Par cette mobilisation, la population locale de Mont-Laurier veut sensibiliser les gouvernements sur l'importance d'occuper le territoire. De plus, elle espère créer un mouvement de sympathie à sa cause dans l'ensemble des régions du Québec.

De son côté, PepsiCo n'entend pas revenir sur sa décision. Des commerçants de Mont-Laurier comme Francis Verrault affirment que les ventes de Coke ont augmenté de 28 % en un mois. Le directeur des ventes pour Coke dans la municipalité, Daniel Piché, est en ce moment à la recherche de personnel pour répondre à la demande.

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