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Montréal, capitale du véhicule électrique pour quatre jours

Montréal est l'hôte du 29e Symposium international sur les véhicules électriques, un événement important qui réunit 90 joueurs du secteur provenant de 11 pays. La tendance aux véhicules tout électriques s'accélère peu partout dans le monde, y compris au Canada.

Un texte de Michel Marsolais

Selon un récent sondage, près de la moitié des Canadiens envisagent l'achat d'une voiture électrique pour leur prochain véhicule. Le symposium EVS 29, qui s'est ouvert dimanche au Palais des congrès de Montréal, leur a donné l'occasion de faire un essai routier.

« Les gens vont parler du coût. Lorsqu'on leur parle de l'incitatif financier de 8000 $, là, ils sont un peu moins stressés. Ensuite, le coût d'utilisation est beaucoup moins élevé. À la place de dépenser 2500 $ d'essence par année, on va dépenser 200 $ d'électricité », explique Simon-Pierre Rioux, président de l'Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ).

On vend maintenant près d'un demi-million de véhicules électriques dans le monde chaque année. Et près de 400 000 acheteurs ont déjà laissé un dépôt pour réserver une Tesla 3 qui n'est pas encore sortie de l'usine.

Il y a plus de 20 000 véhicules 100 % électriques en circulation au Canada, dont la moitié au Québec.

Steven Guilbeault, directeur principal d'Équiterre, admet que les chiffres sont encore modestes, mais il pense que la pénétration des véhicules électriques pourrait se faire très rapidement, un peu comme ce fut le cas avec les téléphones intelligents.

« Ce qu'on voit notamment au Québec, c'est que les ventes doublent d'année en année. Donc, c'est une vitesse de croisière qui est très importante. Et c'est ce qu'on voit aussi à l'échelle internationale. En 2008, quand on commence à compiler les données sur les ventes de véhicules électriques à l'échelle mondiale, ça n'apparaît même pas sur l'écran radar », rappelle-t-il.

« Il y a d'énormes progrès. D'abord, dans les moyens qu'on s'est donnés : la continuation de l'aide financière qui est toujours présente au Québec et ailleurs au Canada. Ensuite le déploiement encore plus important de réseaux de bornes de recharge, particulièrement de recharge rapide », souligne aussi Chantal Guimont, présidente de Mobilité électrique Canada.

Il y a maintenant plus de 1000 bornes de recharge publiques au Québec sans compter les bornes pour le domicile. On estime que 90 % des recharges de véhicules électriques se font à domicile.

La firme AddÉnergie vient d'ailleurs de lancer une nouvelle borne de recharge avec applications intelligentes pour ce marché. L'entreprise a bénéficié d'un investissement de 13 millions de dollars de la Caisse de dépôt et placement du Québec pour le lancement de ce réseau baptisé FLO.

« Il y avait des lacunes dans l'infrastructure à la maison. Donc, on a développé des produits, des logiciels. On veut être plus près des consommateurs pour s'assurer que pour eux, l'infrastructure soit simple », explique Louis Tremblay, président d'AddÉnergie.

Ce système peut ainsi vous aviser par texto si votre voiture est mal branchée ou combiner votre consommation d'électricité à la maison et sur les bornes publiques pour avoir une idée nette des coûts.

Éduquer les automobilistes

Si les propriétaires de voitures à essence peuvent démarrer avec un réservoir quasi vide avec la certitude de pouvoir trouver une station-service toute proche, la conduite d'un véhicule électrique nécessite davantage de planification.

Pour François Lefèvre, responsable du marketing du modèle électrique LEAF chez Nissan Canada, le plus grand frein à une plus grande pénétration reste l'éducation des acheteurs potentiels.

« Moi, je crois vraiment que le numéro un, c'est l'éducation! Il faut comprendre ce véhicule et comprendre son habitude au niveau de la conduite », dit-il.

Si les ventes de véhicules électriques s'accélèrent au Canada, elles restent encore modestes.

En comparaison, près du tiers des véhicules en Norvège sont électriques. Pour y arriver, l'État a dû utiliser des incitatifs à l'achat et des taxes contraignantes sur les voitures à essence.

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