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Nalcor à l'avant-scène du budget 2018 à T.-N.-L.

Le gouvernement libéral de Terre-Neuve-et-Labrador présentera mardi son troisième budget depuis qu'il est au pouvoir. De grands changements sont prévus pour la société d'énergie Nalcor, qui connaît du succès dans le secteur gazier et pétrolier. C'est tout le contraire pour son projet hydroélectrique de Muskrat Falls

Un texte de Stéfan Thériault

Selon des sources de CBC, le budget 2018 annoncera une importante restructuration de Nalcor. Ces sources indiquent que le gouvernement veut séparer le projet controversé de Muskrat Falls du secteur pétrolier et gasier.

La participation de Nalcor dans le secteur pétrolier a généré 65 millions de dollars de profits sur une récente période de 9 mois, selon les états financiers de la société.

À l'opposé, le projet de Muskrat Falls a connu des dépassements de coûts de plusieurs milliards de dollars. En 2016-17, le gouvernement a dû verser 1 milliard de dollars à la société d'État, de l'argent qui a servi surtout à la construction du barrage.

« Pas de surprises »

Le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador ne prévoit pas de retour à un surplus avant le budget de 2022. Les années où les redevances pétrolières représentaient, il y a dix ans, près du tiers des revenus de la province sont révolues. La dernière mise à jour du déficit pour l'exercice financier en cours le chiffrait à 852 millions de dollars.

« Vous pouvez vous attendre du gouvernement que je dirige qu'il n'y aura pas de surprises, a dit le premier ministre Dwight Ball. Il y aura de la stabilité, de la discipline dans la gestion, mais aussi des moyens d'investir dans nos communautés. »

Mais la marge de manoeuvre du gouvernement est très limitée, à moins de faire de grandes compressions.

« Tout le monde sait que la situation économique est difficile ici à Terre-Neuve-et-Labrador », dit la professeure de sciences politiques de l'Université Memorial, Amanda Bittner.

« Je pense que le problème est que nous savons que c'est un désastre depuis longtemps, ajoute-t-elle. La population vieillit, elle va continuer à vieillir. Les services de soins de santé sont très chers. Ils vont être plus chers dans 5 ans, dans 10 ans, dans 30 ans. »

Selon la professeure, le discours du Trône d'il y a deux semaines ne donnait aucun indice d'un changement de cap fondamental pour affronter les défis de la province.

Le pétrole n'est plus ce qu'il était

Le prix du pétrole est loin des 150 dollars le baril d'il y a dix ans, ce qui n'empêche pas le gouvernement de miser, à plus long terme, sur la richesse pétrolière au large de la province. Le mois dernier, le gouvernement a présenté un plan ambitieux pour doubler la production en 2030.

« C'est la même chose partout au Canada, soutient Amanda Bittner. La province de l'Alberta vient juste d'annoncer qu'ils [les représentants du gouvernement] vont avoir des budgets équilibrés, mais c'est parce qu'ils vont augmenter leur dépendance au pétrole. Alors on a un problème, mais c'est un problème qui existe partout au Canada maintenant. »

Des déficits insoutenables

Le vérificateur général de Terre-Neuve-et-Labrador avertit la province depuis deux ans que le rythme des dépenses est insoutenable, ce qui n'a pas empêché la province d'éviter de fortes compressions dans son dernier budget, une année après un budget qui avait introduit une taxe spéciale pour contrer le déficit, en plus d'augmenter l'impôt sur le revenu et les frais des services offerts par le gouvernement.

Le ministre des Finances, Tom Osborne, présentera le budget 2018-2019 mardi à 14 h, heure normale de Terre-Neuve.