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Neptune souhaite devenir un « joueur important » de l'industrie du cannabis

Des dirigeants de Neptune, qui se spécialise dans le cannabis médicinal, jugent que le modèle actuel de la loi portant sur le cannabis est « trop calqué sur celui du tabac ». Ils invitent le gouvernement du Québec à faire la distinction entre les différents éléments qui composent le cannabis et les différentes façons dont les gens pourront le consommer.

Un texte de Charles Beaudoin

« Il y a toute une panoplie de produits qui vont se développer du point de vue technologique et biochimique qui n'auront rien à voir avec ce qu'on connait de la cigarette », a prévenu le président de la division Cannabis de Neptune, Michel Timperio.

Ce dernier était à Québec mercredi après-midi pour participer aux consultations particulières sur le projet de loi 157 encadrant le cannabis.

L’entreprise auparavant spécialisée dans la fabrication d’huile de krill s’est reconvertie au cours de la dernière année à l'extraction, le raffinement et la formulation d'huile de cannabis et souhaite devenir un « joueur important » de cette nouvelle industrie.

Au-delà du cannabis à fumer, les produits pourront prendre plusieurs formes au cours des prochaines années, comme celles de gomme à mâcher, de gélules, de gouttes ou de bandes sous la langue, a fait remarquer M. Timperio.

« On a une industrie nutraceutique qui peut être stimulée. Il y a toute une grappe industrielle qui peut se développer. Si on est le moindrement imaginatif et créatif, je pense qu'au point de vue du Québec, si on prend le taureau par les cornes, on peut faire quelque chose de très grand. »

Neptune souhaite notamment que Québec distingue les produits contenant du tétrahydrocannabinol (THC) et ceux ne contenant que du cannabidiol (CBD) et reflète cette distinction dans l'encadrement et l'accès aux différents réseaux de distribution. La prétention de Neptune est que le CBD ne comprend pas d’éléments psychoactifs et qu'il peut tout de même être utilisé à des fins médicales et dans plusieurs produits de bien-être, ce qui laissait perplexe Lucie Charlebois.

« Est-ce qu'on va permettre aux gens de consommer des huiles pendant qu'ils sont au travail?Je ne suis pas sûre. [...] Il faudra des preuves que les produits qui peuvent intoxiquer ne seront pas présents », a indiqué la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie.

« Si une responsable en service de garde consomme ça et que je n'ai pas de preuves scientifiques... je suis en train de faire une loi moi-là. Ça m'inquiète », a ajouté Lucie Charlebois.

En réponse, Neptune suggère de financer un institut qui pourra produire des données probantes sur les cannabinoïdes.

« Il y a 85 espèces de CBD », a résumé Michel Timperio.