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Netflix financera des productions canadiennes, mais ses services ne seront pas taxés

Plutôt que de voir ses services taxés au Canada, le service de télévision en flux continu Netflix est arrivé à un accord avec le gouvernement fédéral : il allouera au moins 500 millions de dollars dans les cinq prochaines années à des projets provenant de producteurs canadiens, a appris CBC.

Un texte de Catherine Cullen, de CBC

L’accord doit être annoncé jeudi par la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, lors d’un discours où elle dévoilera sa vision de la place que peuvent occuper les contenus culturels canadiens dans le monde numérique.

La décision arrange autant Netflix que le gouvernement de Justin Trudeau. Le géant américain militait fortement pour éviter de se faire imposer les taxes auxquelles sont soumis les télédiffuseurs traditionnels, et les libéraux pourront ainsi se vanter d’avoir réussi à promouvoir le contenu culturel canadien sans imposer de nouvelles taxes aux contribuables ou aux autres acteurs de l’industrie télévisuelle.

La question est maintenant de savoir comment l’argent sera dépensé.

On sait toutefois que l’argent sera séparé de celui versé dans le Fonds des médias du Canada. Ce fonds, qui finance des productions canadiennes, obtient de l’argent du gouvernement canadien et des distributeurs de services par câble et par satellite, comme Bell Media, Cogeco, Telus et Videotron.

On peut également se demander si ces 500 millions augmenteront de façon significative la réalisation de productions canadiennes. Est-ce que Netflix n’en aurait pas créé autant sans cet engagement?

Il existe déjà de multiples exemples de la collaboration entre Netflix et les producteurs canadiens. La télévision de CBC et Netflix travaillent présentement conjointement sur la seconde saison d’Anne, basée sur le livre Anne, la maison aux pignons verts. Le réseau a aussi collaboré avec Netflix pour produire la série de six épisodes Alias Grace, basée sur le roman de Margaret Atwood et réalisée par la Canadienne Sarah Polley.

Taxer Netflix

L’idée de taxer Netflix a émergé avant la dernière élection fédérale. L’ancien chef conservateur Stephen Harper affirmait alors que si les Canadiens n’élisaient pas son parti, ils devraient commencer à payer une taxe pour utiliser les services de télévision en continu.

Puis, en juin dernier, le Comité permanent du patrimoine canadien a recommandé d’imposer cette même taxe afin de financer les productions canadiennes par le biais du Fonds des médias du Canada. Le premier ministre Justin Trudeau avait tout de suite rejeté l’idée, affirmant ne pas vouloir augmenter le fardeau de la classe moyenne par une taxe que les consommateurs se verraient refiler.

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