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Nissan avoue avoir mené des contrôles de pollution falsifiés au Japon

Le constructeur automobile Nissan a admis lundi que la majorité de ses usines au Japon ont utilisé des méthodes de contrôle de pollution inappropriées pour la vérification de 19 modèles de véhicules vendus au Japon.

L'histoire n'est pas sans rappeler celle vécue par le constructeur allemand Volkswagen au cours des dernières années.

Nissan a expliqué que des rapports d'inspection étaient basés sur des mesures faussées et que des tests quant aux mesures d'émissions de gaz d'échappement et d'économie d'énergie n'ont pas été effectués conformément au protocole dans cinq de ses six usines au Japon.

Le partenaire de Renault a remis, lors d'une conférence de presse, des documents indiquant que seulement 1171 voitures étaient concernées et que 10 responsables des contrôles finaux de véhicules étaient impliqués dans l'utilisation de ces méthodes non conformes.

Les dirigeants du groupe ont expliqué que leurs salariés avaient en résumé mal évalué l'importance de se plier à ces normes, une obligation qui doit pourtant « être ancrée dans toutes les têtes ».

« Une enquête complète et approfondie sur les faits [...] en incluant les causes et le contexte de ce manquement est en cours », a assuré Nissan, ajoutant que le problème s'est révélé à l'occasion de contrôles que l'entreprise a elle-même effectués à la suite du scandale sur les inspections finales de ses véhicules révélées à la fin de l'année dernière.

À la demande des autorités, Nissan a été forcé depuis septembre dernier de conduire des inspections sur la façon dont ses véhicules sont ou ont été contrôlés, après avoir dû reconnaître que des personnes non certifiées apposaient leur signature sur des documents de tests.

Après ce constat, le constructeur japonais a dû rappeler en octobre dernier 1,2 million de véhicules, dont la totalité de ses voitures de tourisme produites au Japon au cours des trois dernières années.

Nissan a affirmé vouloir prendre les mesures qui s'imposent pour éviter que de tels manquements se reproduisent et a annoncé son intention de remplacer d'ici fin juillet son mécanisme de test.

Les véhicules sécuritaires, dit Nissan

Le constructeur japonais a ajouté que ce manquement ne compromettait pas la sécurité de ses modèles, « hormis le modèle GT-R » et que leurs émissions gazeuses correspondent aux spécifications du catalogue.

Pour le modèle de sport GT-R, Nissan n'a pas précisé dans le communiqué quel était le problème rencontré. Le deuxième constructeur automobile japonais dit compiler les données du modèle sport GT-R, dont la production est faible, afin de s'assurer qu'elles répondent aux normes de sécurité.

Le bénéfice d'exploitation de Nissan a plongé de 22,6 % à 574,8 milliards de yens (6,83 milliards de dollars canadiens) sur l'exercice clos le 31 mars 2018, notamment en raison de ce scandale.

L'action Renault, qui a perdu jusqu'à 2,6 % en début de séance, a réduit ses pertes après la conférence de presse de Nissan. Vers 6 h 50 (HAE), elle cédait 1,71 %, la plus forte baisse du CAC 40, qui gagnait alors 0,51 %.

L'action Nissan a perdu 4,6 % à la Bourse de Tokyo.