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Nouvelle-Écosse : un homard abondant, mais de moins bonne qualité

Au tiers de la saison de la pêche au homard dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, la qualité de la ressource ne semble pas optimale, rapportent des gens de l'industrie.

« Il n’y a pas moins de homard que les années précédentes, mais la qualité semble mauvaise », affirme Reginald LeBlanc, propriétaire de Wedgeport Lobster, à Wedgeport en Nouvelle-Écosse.

Des pêcheurs ont rapporté que les carapaces des homards capturés récemment semblent contenir une chair moins abondante.

Neil LeBlanc, ancien ministre provincial qui est propriétaire de N. LeBlanc Entreprises, à Wedgeport, y voit le prolongement d’une tendance. « La qualité du homard, souvent, n’est pas si bonne », reconnaît-il.

Il y a 20 ou 30 ans, dit-il, « tout le monde pêchait près des terres et les coquilles de homard étaient toujours dures et remplies de viande. Ce n’est plus la même chose. »

Pour M. LeBlanc, la situation s’accentue un peu plus chaque année. Le fait que les pêcheurs sont de plus en plus portés à s’éloigner des terres, où les eaux sont plus chaudes, serait selon lui l’une des causes.

Lorsque les pêcheurs jettent leur casier plus loin des côtes, « le volume [des prises] augmente, mais la qualité est souvent pire ».

Si les conséquences ne se font pas trop sentir pour le produit destiné à la transformation, la situation est différente pour les marchés d’export. « On veut un homard de qualité qui peut survivre un voyage de 2 jours vers la Chine, d’un jour vers l’Europe où les autres marchés qui sont en train de s’ouvrir. »

M. LeBlanc prévoit que la qualité des prises qui seront pêchées au printemps sera meilleure, car le homard aura eu le temps de se nourrir, mais les prises seront moins nombreuses puisqu’une grande quantité a été effectuée à l’ouverture de la saison, à l’automne.

Des théories, mais peu de certitudes

« Certains pêcheurs disent que la température est plus chaude », constate Reginald LeBlanc, de Wedgeport Lobster. « Personnellement, je ne sais pas, je pense que c’est une combinaison d’un peu de tout. »

« Tout le monde a une opinion, personne n’est certain », dit quant à lui Neil LeBlanc. « Ça prendrait plus de recherches », laisse tomber l’ancien politicien, qui s’explique mal que si peu est fait, selon lui, pour connaître les causes précises de cette diminution de la qualité du homard pêché en Atlantique.

« La meilleure qualité que tu as, le meilleur ce sera pour l’industrie », affirme Neil LeBlanc.

La saison de la pêche au homard dans les zones 33 et 34, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, se poursuit jusqu'à la fin mai.