Retour

Nouvelles manifestations contre le « trou noir »

Les mesures annoncées dans le nouveau budget fédéral ne comblent pas le « trou noir » de l'assurance-emploi, dénoncent les manifestants qui ont défilé devant les bureaux de Services Canada à Baie-Comeau et à Rimouski.

Un texte de Olivier Roy Martin

Les manifestants issus entre autres des milieux syndicaux, politiques et communautaires exigent une aide immédiate du gouvernement pour combler le trou noir de l’assurance-emploi, cette période entre la fin des prestations des bénéficiaires et le retour à leur emploi saisonnier.

La CSN calcule qu’il y a 6500 travailleurs saisonniers qui seront sans revenus pendant six semaines sur la Côte-Nord. Dans cette région et au Bas-Saint-Laurent, Services Canada établit que les employés saisonniers doivent faire 700 heures de travail pour obtenir un minimum de 14 semaines de prestations.

Guylaine Marceau, de Baie-Trinité, explique avoir réussi à compléter « ses heures » l’année dernière à Crustacés Baie-Trinité. Elle se demande toutefois si elle y parviendra l’an prochain parce que, « quand il n'y a plus de crabe, il n’y a plus de crabe ».

« Ils nous prennent pour qui? Ils en donnent [de l'assurance-emploi] partout tabarnane, qu'ils nous en donnent à nous autres aussi sur la Côte-Nord. C'est sur la Côte-Nord qu'on est mal pris là. »

Les millions du fédéral « insuffisants », selon la CSN

Le cabinet du ministre responsable de l’assurance-emploi, Jean-Yves Duclos, affirme qu’environ 12 000 travailleurs saisonniers au Québec, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard vont recevoir 10 millions de dollars en « chèques » au cours des prochains mois.

Le directeur des communications pour le ministre Jean-Yves Duclos, Mathieu Filion, a expliqué que les critères pour recevoir ces fonds vont être précisés prochainement. Il peut toutefois affirmer que l’argent va servir à la formation et à combler les besoins de base.

Au Bas-Saint-Laurent, les travailleurs saisonniers des industries de la pêche, de la forêt et du tourisme veulent surtout des mesures qui leur permettent de faire le pont entre la fin de leurs prestations de chômage et la reprise de leur travail saisonnier.

« La majorité des travailleurs n’ont pas besoin de formation supplémentaire pour faire le travail qu’ils occupent chaque année », estime Line Sirois, coordonnatrice d’Action-chômage Côte-Nord.