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Nouvelles obligations pour les conducteurs de véhicules lourds en Alberta

Trois mois après l'accident tragique entre un camion semi-remorque et l'autocar des Broncos de Humboldt, Brian Mason, le ministre des Transports de l'Alberta, annonce des changements en matière de sécurité routière pour les conducteurs de camions.

« Cette terrible tragédie a attiré l’attention de tous sur le fait que nous devons faire plus d'efforts pour que nos autoroutes et le transport par camion soient le plus sécuritaire possible », déclaré Brian Mason en conférence de presse, mardi après-midi.

Le gouvernement souhaitait moderniser la réglementation entourant les entreprises de camionnage bien avant l’accident survenu en Saskatchewan au mois d’avril, mais la tragédie des Broncos de Humboldt a accéléré le processus.

Une série de consultations sera entamée ce mois-ci pour que ces nouvelles mesures puissent être mises en place dès le 1er janvier 2019.

Plus de formations

Pour circuler en Alberta, les camionneurs ne sont actuellement soumis à aucun cours obligatoire, ou presque.

« La seule formation requise pour conduire un camion en Alberta est un cours sur les freins à air. Ce n’est pas suffisant », regrette Dale Francis, propriétaire de l’auto-école Capilano.

C’est pourquoi un cours obligatoire sera imposé à tous les nouveaux détenteurs d’un permis de classe 1 (camion-remorque) et de classe 2 (bus). Cette formation n’existe actuellement qu’en Ontario et le gouvernement va s’en inspirer lors de ses consultations.

Brian Mason souhaite également revoir le système des examens pour obtenir ces permis.

« Le système actuel est détraqué », a admis Brian Mason en évoquant les conclusions d’un rapport qui fait état « de sérieuses difficultés dans le modèle actuel ».

Rédigé par des consultants indépendants, le rapport pointe du doigt la mauvaise qualité des services, les comportements inappropriés, voire les activités criminelles de certains examinateurs.

« Il y a, par exemple, des allégations selon lesquelles on a fait échouer volontairement des candidats pour qu’ils repayent les frais de l’examen de conduite », illustre le ministre des Transports.

Ce dernier envisage que les examinateurs deviennent tous des employés du gouvernement pour assainir les pratiques et avoir un meilleur contrôle.

Démasquer les « caméléons »

Brian Mason ne veut plus que l’Alberta continue de donner un certificat de sécurité temporaire de 60 jours qui permet aux transporteurs de rouler dans la province avant qu’il n’ait reçu ce document du gouvernement fédéral.

Cela permettra de mettre fin aux pratiques de ceux qu’il appelle les « camionneurs caméléons ». Brian Mason fait référence à certaines entreprises de camionnage dont le certificat de sécurité a été suspendu parce qu'elles ont enfreint des règles de sécurité ou ont été impliquées dans des accidents. Des entreprises qui peuvent pourtant légalement reprendre leurs activités en changeant de nom, grâce à ces certificats provinciaux.

C'est ainsi que, dans la controverse, le propriétaire de l'entreprise de transport impliqué dans l'accident des Broncos de Humboldt avait pu reprendre ses activités, quatre semaines après la tragédie.

À l’avenir, toute entreprise de camionnage devra obtenir son certificat du gouvernement fédéral avant de commencer ses activités en Alberta.

Ces propositions ont été saluées par différents acteurs de l'industrie, dont l'Alliance canadienne du camionnage.

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