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Olymel abolit 340 emplois à son usine de Saint-Hyacinthe

Olymel mettra un terme à toutes ses activités de désossage de fesses de porc à son usine de Saint-Hyacinthe en septembre 2017, entraînant la suppression de 340 emplois. L'usine demeurera cependant ouverte puisque l'entreprise y maintiendra ses activités de fondoir, qui sert à la fabrication de saindoux, ce qui maintiendra 70 personnes au travail.

Le désossage de fesses de porc s'effectuera désormais dans les usines d'abattage et de découpe de Vallée-Jonction, de Yamachiche et de Saint-Esprit, situées plus près des établissements de surtransformation qu'elles doivent alimenter. Dans un communiqué, Olymel affirme que cette façon de faire « augmentera l'efficacité des opérations et réduira considérablement les coûts, tant en termes de frais fixes que de transport ».

En annonçant sa décision aux employés vendredi matin, Olymel a fait savoir qu'il constituera un comité de reclassement et offrira la possibilité aux travailleurs touchés d'être relocalisés dans d'autres usines situées dans un rayon de 70 kilomètres de Saint-Hyacinthe. Ceux qui en profiteront conserveront leur ancienneté et leurs avantages sociaux. 

Olymel possède notamment des usines de transformation à Drummondville, Sainte-Rosalie, Saint-Damase et Saint-Jean-Baptiste et des établissements offrant d'autres types d'activités à Saint-Bruno, Boucherville et Saint-Valérien. Un porte-parole de l'entreprise, Richard Vigneault, assure que des emplois seront créés dans d'autres usines, mais ne peut dire si tous les employés qui le souhaitent pourront en profiter.

Olymel soutient en outre qu'elle « examine présentement diverses options pour trouver une nouvelle vocation à cette usine [de Saint-Hyacinthe], lui permettant de répondre à d'autres besoins de l'entreprise ».

« C'est une très mauvaise nouvelle », a commenté le président de la section locale 1991-P du syndicat des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), Mario Maisonneuve. « Il y a bien des gens qui la voyaient peut-être venir, ou qui avaient des doutes, mais devant le fait accompli, il y a toujours un mélange de colère et de déception ».

Des travailleurs de l'usine rencontrés par Radio-Canada ont vertement critiqué l'entreprise dans la foulée de cette annonce. 

« C'est juste une continuité de la façon dont ils opèrent. Il n'y a rien qui me surprend d'eux autres », laisse tomber l'un d'eux. « C'est une méchante tape sa gueule. Moi, ça fait 26 ans que je suis ici, et la reconnaissance qu'ils ont, c'est bye bye. »

« Olymel, ça a toujours été sauvage, ça va toujours rester sauvage », a commenté un autre. « Tu le vois encore là : envoye, on passe à un autre, et that's it! »

Olymel se présente comme le chef de file dans le secteur de la production, de la transformation et de la distribution des viandes de porc et de volaille. Fondée il y a 25 ans, l'entreprise emploie aujourd'hui quelque 11 000 personnes, dont plus de 8000 au Québec. Elle dispose également d'installations en Ontario, en Alberta, au Nouveau-Brunswick et en Saskatchewan.

Olymel exporte près du tiers de ses ventes totales, notamment aux États-Unis, au Japon et en Australie, ainsi que dans plus de 65 pays. Son chiffre d'affaires annuel est de l'ordre de 3 milliards de dollars.

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