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OmniTRAX sommée de réparer le chemin de fer de Churchill

L'entreprise OmniTRAX, dont le siège social est à Denver au Colorado, doit entamer les réparation du chemin de fer « le plus rapidement possible ».

L’Office des transports du Canada s’est prononcé : OmniTRAX Canada n’a pas respecté son obligation de réparer le chemin de fer qui mène au port de Churchill, dans le nord du Manitoba et doit agir pour une reprise des activités « le plus rapidement possible ».

L’organisme de réglementation fédéral ordonne à la société américaine d’entamer la réparation du chemin de fer de la Baie d’Hudson dès le 3 juillet. Elle devra aussi, à partir du mois d’août, rendre un rapport mensuel sur l’avancement des travaux, et ce jusqu’à ce qu’ils soient terminés.

Le chemin de fer est la seule voie terrestre reliant le sud du Manitoba à Churchill et aux autres communautés du nord de la province, où les habitants subissent, depuis plus d’un an, une augmentation importante du coût de la vie. Les principaux biens doivent désormais être acheminées par voie aérienne.

La décision du régulateur intervient à la suite d'une plainte déposée par le NPD provincial l’année dernière. CBC s’est procuré une copie des conclusions de l’Office des transports.

Ce dernier estime qu’OmniTRAX a une obligation de service public et n’avait droit qu’à une « pause raisonnable » dans la poursuite de ses activités, à la suite des inondations qui ont endommagé l’infrastructure ferroviaire au printemps de 2017.

D’après l’Office des transports, l'entreprise américaine aurait dû entreprendre les premières étapes de la réparation dès le mois de novembre 2017, ce qui équivaut au délai initial « ambitieux » proposé par l'entreprise d'ingénierie AECOM, embauchée par OmniTRAX pour évaluer les dégâts.

Entre 40 et 60 millions $ de dégâts

Les responsables d’OmniTRAX refusaient catégoriquement d’effectuer les réparations, jugeant les coûts, évalués entre 40 et 60 millions de dollars, démesurés pour la société. De plus, selon eux, la ligne ferroviaire devait, à cause des inondations, être considérée comme une infrastructure publique dans la mesure où il n’était plus possible de l’exploiter dans un but commercial.

Par ailleurs, les responsables de l'entreprise estimaient que les inondations pouvaient être qualifiées d’« événement de force majeure », ce qui les libérait de leurs obligations contractuelles.

Néanmoins, l’Office des transports du Canada a rejeté, du fait du manque de preuves, la demande d’indemnisation de 3 millions de dollars pour les préjudices subis par les communautés du Nord.

OmniTRAX avançait divers arguments contre la plainte du NPD, soulignant le manque d’éléments avancés par le parti politique pour justifier l’absence de service ferroviaire vers Churchill.

Le gouvernement provincial avait d’abord critiqué l’action du NPD, l’accusant d’utiliser la couverture médiatique pour s’attirer les bonnes grâce du public.

OmniTRAX peut toujours faire appel si elle conteste la décision rendue.