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Ottawa bloque le rachat du géant canadien des infrastructures Aecon par un groupe chinois

Le gouvernement fédéral a bloqué mercredi la proposition de prise de contrôle d'Aecon par l'entreprise chinoise CCCC International Holding, une transaction évaluée à 1,5 milliard de dollars, pour des raisons liées à la sécurité nationale.

La prise de contrôle du géant canadien des infrastructures était soumise à un examen de la part du gouvernement fédéral, comme l’exige la Loi sur Investissement Canada, parce que l’acheteur qui s'est manifesté est une entité étrangère.

En février, Ottawa a annoncé un examen complet de l'entente avec Aecon en matière de sécurité nationale. Les experts avaient averti le gouvernement de Justin Trudeau de procéder avec prudence lors de l'évaluation des offres d'investissement des entreprises d'État chinoises et de faire preuve de la plus grande transparence possible dans l'examen de l'opération proposée.

« Comme c’est toujours le cas, nous avons écouté les conseils des organismes chargés d’assurer la sécurité nationale, au cours des multiples étapes du processus d’examen relatif à la sécurité nationale, conformément à la Loi sur Investissement Canada », a expliqué le ministre du Développement économique, Navdeep Bains, dans une déclaration transmise aux médias.

Le ministre a ajouté que le « gouvernement est ouvert aux investissements étrangers qui créent des emplois et favorisent la prospérité, du moment qu’ils ne portent pas atteinte à la sécurité nationale ».

L'ancien ministre conservateur Tony Clement s'est félicité de la décision, disant aux journalistes qu'il est heureux que le gouvernement fédéral ait écouté ses conseillers en matière de sécurité nationale.

« Cela soulève la question suivante : combien d'autres entreprises chinoises ou d'autres entreprises d'État sont passées sous le radar, sous la limite d'examen automatique et ont acquis diverses entreprises au Canada qui pourraient aussi être considérées comme des risques pour la sécurité nationale? », s'est-il interrogé.

M. Clement a déclaré que tout achat d'une entreprise canadienne par une entreprise d'État, qu'il s'agisse d'une entreprise chinoise, russe, saoudienne ou d'un autre pays, devrait être remis en question.

« S'ils font des investissements, tout d'abord, ils ne font pas nécessairement des investissements basés sur les décisions du marché parce qu'ils sont dirigés par un pays, dirigé par un État. Ils pourraient faire ces investissements pour des raisons stratégiques ou politiques », a-t-il dit.

Deux anciens directeurs du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS), Ward Elcock et Richard Fadden, avaient déjà exprimé leurs profondes inquiétudes et leur opposition à cette prise de contrôle par la China Communications Construction Company.

Aecon participe depuis longtemps à des projets de construction et d'ingénierie canadiens comme la Tour CN, le SkyTrain de Vancouver, la Voie maritime du Saint-Laurent et le chantier naval d'Halifax.

L’entreprise canadienne construit des routes, des ponts, des aéroports et des chemins de fer. Aecon fait notamment partie du consortium de six entreprises chargé de la construction du Réseau express métropolitain (REM), dans la région de Montréal.

La société obtient aussi d’autres types de contrats pour l’installation de réseaux de fibres optiques, la mise à niveau de centrales nucléaires et des travaux sur des bases militaires.