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Ottawa crée une Banque de l'infrastructure et rajuste à la baisse son déficit

Déficit un peu moins important que prévu à court terme, nouveaux investissements dans les infrastructures et création d'une Banque de l'infrastructure du Canada. Voilà quelques faits saillants de la mise à jour économique présentée mardi par le ministre des Finances Bill Morneau.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Son énoncé économique est clair. Les perspectives économiques demeurent bien peu intéressantes au pays. Cela n'a pas empêché le ministre des Finances de se présenter devant les journalistes, un sourire aux lèvres.

C'est que le déficit du gouvernement est finalement légèrement moins important que prévu. Ottawa avait prévu le coup dans son dernier budget en conservant une marge de 6 milliards de dollars qui n'a pas complètement été utilisée. 

Pour l'année en cours, le déficit passe donc de 29,4 milliards de dollars à 25,1 milliards.

À partir de 2018-2019, Ottawa prévoit toutefois une augmentation du déficit par rapport aux annonces contenues dans le dernier budget.

Le ministre l'exprime clairement. En ce moment, le but d'Ottawa n'est pas le retour à l'équilibre budgétaire.

Création d'une Banque de l'infrastructure et recherche de capitaux

Par cette mise à jour économique, le gouvernement Trudeau cherche surtout à se lancer dans la chasse aux investissements qui pourront l'aider à réaliser ses ambitieuses promesses en matière d'investissements en infrastructures.

Un outil majeur dont se dote Ottawa est une Banque de l'infrastructure au Canada, dont le ministre des Finances a annoncé la création.

L'idée a été évoquée il y a une dizaine de jours par le Conseil consultatif en matière de croissance économique. À l'image de la Caisse de dépôt au Québec, cette banque aura pour but d'attirer du capital institutionnel, par exemple l'argent de fonds de retraite, pour investir dans les infrastructures canadiennes.

La Banque aura le mandat d'investir au moins 35 milliards de dollars dans les projets. De ce montant, 15 milliards viendront des coffres de l'État et seront utilisés de diverses manières, par exemple par des investissements directs ou des prêts.

Pour les 20 milliards supplémentaires, le gouvernement investira cet argent en tant que déposant dans le but de retoucher les montants. L'investissement n'est pas comptabilisé en dépenses directes.

Il ne s'agit que d'un point de départ. À terme, le gouvernement espère que certains grands projets seront financés à 80 % par la Banque. Les gouvernements municipaux, provinciaux et fédéraux combleraient le reste en parts égales. Pour l'instant, chaque niveau de gouvernement fournit le tiers des montants.

Selon l'économiste Jean-Pierre Aubry, les options sont multiples pour que les éventuels investisseurs obtiennent un rendement. Les revenus peuvent par exemple être tirés de tarifs d'électricité ou de droits de passage dans les transports en commun.

Cette Banque est l'une des facettes d'un nouveau programme. Nommé « Investir au Canada », il aura aussi pour but d'attirer des investissements étrangers au pays.

Nouveaux investissements

Les 15 milliards de dollars que le fédéral va investir directement dans la Banque s'inscrivent dans un investissement plus large qui vient d'être annoncé pour les infrastructures.

En tout, Ottawa annonce 81 milliards de dollars sur 11 ans. Il s'agit d'un ajout aux 11,9 milliards sur environ 5 ans annoncés dans le dernier budget.

Les transports en commun, les infrastructures vertes et les infrastructures sociales font partie des secteurs qui bénéficieront de ces investissements.