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Ottawa octroie 3,3 G$ sur 10 ans aux infrastructures albertaines

Ottawa gardait une belle surprise dans le panier de Pâques qu'elle réservait à l'Alberta : quelque 3,3 milliards de dollars que le gouvernement fédéral entend investir, au cours des 10 prochaines années, dans les infrastructures de la province - avec, comme objectif ambitieux, de changer la façon dont les Albertains se déplacent.

La plus grande partie de l'enveloppe fédérale ira au transport en commun. Sur les sommes accordées à la province, Ottawa y consacre plus de 2 milliards de dollars.

Edmonton et Calgary, toutes deux lancées dans d'ambitieux projets d'expansion de leur réseau de train léger sur rail, recevront la très grande majorité de cet argent frais, au grand bonheur du maire de la capitale, Don Iveson.

« Pendant les 10 ans où j'ai siégé en tant que conseiller, et même avant, quand j'étais un simple citoyen intéressé par la chose publique, les fonds dédiés au grand projet de transport structurant étaient toujours alloués à la pièce et variaient selon les pouvoirs en place, déplore le maire Iveson. C'est pourquoi cet engagement réparti sur 10 ans, qui répond davantage aux besoins des villes qu'à l'intérêt politique, est si important. »

Le développement des énergies renouvelables, la mise en place de mesures d'assainissement de l'air et de l'eau et d'atténuation des changements climatiques, auront quant à eux droit à 1 milliard de dollars d'Ottawa.

Le fédéral n'oublie cependant pas les régions rurales ni les communautés autochtones. L'enveloppe réserve 300 millions de dollars au développement des infrastructures culturelles et récréatives dans les milieux éloignés.

Si une municipalité comme Fahler ou Plamondon désire rénover leur centre communautaire, par exemple, Ottawa se montrera particulièrement généreux, en acquittant 60 % de la facture totale.

Le partage des coûts entre les différents paliers de gouvernement sera également revu à la hausse. Ottawa ouvre la porte pour que la part qu'il investit dans les projets d'infrastructure grimpe à 40 %, c qui permettrait d'alléger la pression financière pesant sur les municipalités.

Ces dernières doivent, à l'heure actuelle, acquitter 33 % des coûts, ce qui en empêche plusieurs d'offrir à leurs citoyens les installations qu'ils réclament.

Les communautés minoritaires francophones de la province auront également droit à leur part du gâteau.

Une partie de l'enveloppe sera spécifiquement dédiée à leurs besoins.

« Cet argent fera une vraie différence dans la vie des gens, a souligné la ministre provinciale des Infrastructures, Sandra Janson. À Fort Chipewyan, les habitants ont une rue hivernale ouverte seulement trois mois par année. Ça leur crée des problèmes incommensurables pour s'approvisionner en nourriture et attirer de nouveaux habitants. Nous allons maintenant pouvoir répondre à leurs besoins. »

L'argent fédéral s'inscrit dans un budget de 33 milliards de dollars qu'Ottawa a promis d'investir dans les infrastructures provinciales partout au Canada.

Avec ses 3,3 G$, l'Alberta se classe quatrième sur le palmarès des récipiendaires, derrière l'Ontario (11,8 G$), le Québec (7,5 G$) et la Colombie-Britannique (4,1 G$).

Cette somme s'ajoute aux 26,6 G$ sur cinq ans déjà octroyés dans le cadre du plan d'immobilisation 2018 de l'Alberta.