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Ottawa veut protéger l'indépendance des pêcheurs côtiers

Le gouvernement fédéral se donne les outils pour protéger l'indépendance des pêcheurs côtiers avec les modifications à la Loi sur les pêches annoncées mardi.

La politique du propriétaire-exploitant signifie que les pêcheurs doivent se procurer un permis de pêche qu’ils exploitent eux-mêmes et dont ils récoltent les fruits. La politique de séparation des flottilles vise à empêcher que des corporations puissent à la fois pêcher la ressource et la transformer.

Depuis plusieurs années, Pêches et Océans Canada s’oppose aux ententes de contrôle conclues entre des compagnies et certains pêcheurs. Souvent, dans de tels accords, le pêcheur est détenteur d’un permis de pêche, mais une société lui fournit le bateau et garde les profits. L’entreprise peut aussi prêter de l’argent au pêcheur pour l’aider à démarrer son affaire.

Le gouvernement estime que de renforcer l’application des politiques sur le propriétaire-exploitant et sur la séparation de la flotte permet de protéger les emplois et de s’assurer que les profits de la pêche aillent aux pêcheurs et aux communautés côtières.

« Nous ne voulons pas que les usines deviennent propriétaires des permis de pêche côtiers », martèle le ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, Dominic LeBlanc, qui a fait l’annonce mardi à Vancouver des modifications à loi.

« Je pense pas que, si j'ai 200 pêcheurs côtiers dans ma région, que ce sera mieux pour l'économie d'avoir une ou deux usines qui puissent être propriétaires, directement ou indirectement, de ces permis de pêche. »

Un pas dans la bonne direction

Les scientifiques et les groupes environnementaux qui avaient largement critiqué la décision du gouvernement Harper considèrent que c'est un pas dans la bonne direction.

C’est aussi l’avis de Susanna Fuller, du Centre d'action écologique à Halifax : « Ce sont des modifications modernes de la Loi sur les pêches et si nous devons l'améliorer nous pourrons le faire au cours des cinq prochaines années. De façon générale, les mesures sont bonnes, dans le contexte où il y a tellement de choses qui doivent changer, être mises à jour et rétablies, c'est un bon début. »

La nouvelle loi donne aussi plus de latitude au ministre des Pêches.

Dans une crise par exemple de la baleine noire, le ministre pourrait décider unilatéralement de fermer une zone de pêche commerciale pour protéger l'espèce.

Un syndicat de pêcheurs côtiers satisfait

L'Union des pêcheurs des Maritimes se réjouit de cette initiative qui devrait, selon elle, aider la relève dans la pêche.

« Les usines [de transformation], ce qui les intéresse, c'est l'accès aux produits, l'accès à la ressource. Donc elles sont prêtes à payer beaucoup plus cher pour un permis de pêche » explique Martin Mallet, directeur général par intérim de l'Union des pêcheurs des Maritimes.

« Ça crée une surenchère » et augmente artificiellement la valeur des permis, soutient-il. « Ça enlève une grande partie de la capacité des nouveaux arrivants dans la pêche à pouvoir financer ce genre d'entreprise, parce que le prix est juste trop élevé. »

Ces politiques sur l'indépendance des pêcheurs-propriétaires auront donc force de loi. Le ministre LeBlanc dit que Pêches et Océans Canada a bien l'intention de poursuivre ceux qui ne respectent pas la loi ou qui ont des ententes qui leur permettraient de la contourner.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

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