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Paiement des heures de travail : un restaurant à Moncton subit une enquête

L’ancienne serveuse Kathlene MacLean affirme que lorsque les serveurs arrivent au restaurant, ils ne sont payés qu’à partir du moment où il y a suffisamment de clients. On lui a dit plusieurs fois d’attendre, puis de rentrer chez elle, ajoute-t-elle. Selon elle, les employés ne sont pas payés pour le temps qu’ils passent à attendre.

Kathlene MacLean accuse l’entreprise de refiler à ses employés le risque qu’il n’y ait pas assez de clients.

Matthew Youden, le propriétaire du restaurant, confirme qu’il y a une enquête et qu’il a lui-même encouragé Mme MacLean à porter plainte auprès du ministère de l’Éducation postsecondaire, Formation et Travail si elle jugeait que ses conditions de travail étaient problématiques.

M. Youden n’a pas fait d’autres commentaires.

La loi est parfaitement claire, affirme un avocat

L’article 16 de la Loi sur les normes d’emploi stipule : « Un employeur doit payer au salarié non syndiqué pas moins de trois heures de travail au taux de salaire minimum ou les heures qu’il a travaillées à son taux de salaire normal, selon le plus élevé de ces montants, si (a) le salarié se présente au travail comme il est tenu de le faire par son employeur [...] ».

L’avocat Kelly Lamrock, ancien député provincial, affirme que la loi est très limpide. Dès qu’un employé se présente au travail lorsqu’il est appelé à le faire, il faut le payer pour au moins trois heures, dit-il.

L’employeur doit payer un employé appelé au travail même si ce dernier reste assis à attendre, ajoute M. Lamrock. Il explique que les travailleurs ont droit à être payés pour au moins trois heures parce qu'ils prennent le temps d'aller au travail et qu'ils paient pour cela des coûts de déplacement, de garderies, etc.

Selon l’avocat, si le ministère confirme que la loi n’a pas été respectée, les employés touchés peuvent avoir droit à un salaire rétroactif.

Le ministre donne un conseil aux travailleurs

Le ministre du Travail, Donald Arseneault, réagit à cette affaire en conseillant aux employés de noter soigneusement tout le temps pendant lequel leur présence est requise par leur employeur.

Toutes les plaintes concernant le travail sont prises au sérieux, ajoute le ministre Arseneault. Il encourage les employeurs et employés à communiquer au ministère de l’Éducation postsecondaire, Formation et Travail toutes leurs préoccupations pouvant mener à une enquête.