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Partenariat transpacifique : le secteur de l'automobile inquiet des propos de Harper

Le chef conservateur Stephen Harper répète que l'industrie de l'automobile doit s'attendre à faire des « compromis » dans les négociations sur un futur Partenariat transpacifique. Des propos qui inquiètent le secteur, qui est à peine remis de la crise qui l'a durement frappé en 2008.

L'accord de libre-échange entre 12 pays, dont le Canada, abaisserait les barrières tarifaires et les règles de contenu national dans le secteur de l'auto.

Jeudi, durant le débat des chefs sur l'économie, Stephen Harper a laissé entendre que l'industrie de l'automobile pourrait faire les frais de l'entente. « Pour ce qui est du secteur automobile, je ne suggère pas qu'ils vont nécessairement tout aimer là-dedans », a-t-il affirmé.

Le propriétaire du fabricant de pièces d'autos Commercial Spring, à Mississauga, en Ontario, s'inquiète pour l'avenir de ses 260 employés si le Partenariat transpacifique assouplit trop les règles. « Ça va faire mal aux travailleurs de l'automobile. Ils ne comprennent pas ça », dit Gil Gurmail.

En ce moment, une voiture japonaise peut être vendue au Canada sans pénalité tarifaire si les deux tiers de ses composantes sont fabriquées en Amérique du Nord. Cette proportion pourrait passer à moins de 50 % une fois l'accord signé.

Les difficiles négociations sont toujours en cours. Et justement, le chef libéral, Justin Trudeau, estime que, dans ce contexte, les déclarations de Stephen Harper manquent de discrétion.

« Qu'on apprenne ça dans un débat de façon aléatoire, qu'ils sortent les enjeux de ces négociations, ce n'est pas responsable », a réagi vendredi Justin Trudeau. 

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, accuse pour sa part le premier ministre d'à-plat-ventrisme.

Invité à préciser sa pensée vendredi, Stephen Harper a tempéré un peu ses propos. « Évidemment, il y aura des compromis, mais le gouvernement va assurer la protection de nos secteurs et assurer que nous avançons nos intérêts dans l'économie commerciale de l'avenir. » Selon le chef conservateur, ces compromis sont essentiels afin d'ouvrir de nouveaux marchés.

L'économiste Jim Standford, employé par le syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile, croit que les conservateurs « rêvent en couleur ». Il souligne que les Japonais importent déjà très peu de voitures, malgré l'absence de barrières tarifaires.

Selon lui, 25 000 des 80 000 emplois dans le secteur pourraient disparaître, surtout en Ontario.

Gil Gurmail, de Commercial Spring, croit que le Canada « négocie mollement », au détriment des travailleurs du secteur de l'auto.

La prochaine rencontre sur le Partenariat transpacifique doit avoir lieu la semaine prochaine.

Le Canada souhaite même conclure une entente avant la fin de la campagne électorale.

Avec les informations de Christian Noël et Daniel Thibeault 

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