Les calèches ne peuvent plus circuler sur les plaines d'Abraham jusqu'à nouvel ordre. Leur passage répété cause des dommages importants qui ne sont plus réparés par la Ville de Québec pour l'instant.

Un texte d'Alain Rochefort

Des panneaux ont été installés récemment sur les Plaines pour interdire les passages des calèches. Ils resteront en place tant et aussi longtemps qu'une entente ne sera pas conclue entre la Ville et la Commission des champs de bataille (CCBN) pour les travaux de pavage.

La mésentente se situe autour du fait que le passage des véhicules hippomobiles creuse des ornières sur la chaussée. La Ville estime que ce n’est pas à elle d’assumer l’entièreté des coûts des réparations puisque le territoire des Plaines est sous juridiction fédérale.

Dans ces circonstances, la CCBN soutient n’avoir eu d’autres choix que d’interdire le passage des calèches pour une question de sécurité.

« Un Parc abîmé »

La Secrétaire-directrice générale pour la CCBN, Michèle Gagné, souligne que son organisation doit veiller à la conservation et la mise en valeur du parc des Champs-de-Bataille.

« Le Parc est abîmé, c’est dangereux, ce n’est pas sécuritaire, alors si [les cochers vont] sur les Plaines, ça ne leur coûte rien. Les gens paient pour le tour, mais les cochers ne nous donnent rien », explique-t-elle.

La Ville a décidé de tout revoir, selon Mme Gagné qui soutient qu’aucune entente signée ne lie les deux parties. La Ville effectuait des travaux de pavage tous les 3-4 ans.

« On pense aux déneigements, aux égouts, aux puisards, les trottoirs, tous ces trucs-là, ils veulent qu’on les revoie un par un et qu’on fasse des ententes en bonne et due forme. Moi, je trouve que c’est très sain, c’est une bonne façon de faire », indique-t-elle.

La zone particulièrement abîmée se situe sur l'avenue George-VI, à l’arrière de bâtiments comme le Musée national des beaux-arts du Québec, le Concorde et le Manège militaire.

Tout indique qu’on ne verra pas de calèches dans ce secteur cet été, mentionne Mme Gagné.

« À moins d’un revirement très rapide de la Ville, dit-elle, je serais surprise qu’on soit capable de laisser passer les calèches. »

Cochers inquiets

Cette interdiction soulève des inquiétudes chez les cochers, tel que le rapporte le quotidien Le Soleil vendredi. Le site des plaines d’Abraham constitue traditionnellement un incontournable pour les calèches en raison de sa beauté et son histoire. Leur parcours doit donc être revu.

Ironiquement, c’est un cocher qui a avisé la CCNB du piètre état de la chaussée sur l’avenue George-VI à la fin de la dernière saison touristique.

« Quand j’ai contacté la Ville pour demander quand ils allaient venir réparer, ils nous ont dit : “ on ne le fait plus ” », raconte Mme Gagné.

Pas de travaux sans entente, dit la Ville

C’est à la suite de cette demande de la CCBN, l’automne dernier, que la Ville a constaté qu’il n’y avait jamais eu d’entente-cadre entre elle et la Commission des Champs-de-Bataille pour les diverses interventions qu'elle faisait sur son territoire.

« Considérant que le territoire des plaines d'Abraham est un terrain fédéral n’appartenant pas à la Ville, nous en sommes venus à la conclusion qu’une entente doit être convenue entre les parties avant d'y exécuter des travaux. L'objectif de cette entente est entre autres d'identifier les travaux à effectuer, convenir des rôles et responsabilités et convenir du partage des coûts », affirme la Ville dans un courriel acheminé à Radio-Canada.

La décision d’interdire les calèches a été entièrement prise par la CCBN, rappelle la Ville, qui soutient toutefois travailler activement à ce qu’une entente survienne avec la Commission des Champs-de-Bataille au cours des prochains mois.

Avec les informations de Pascal Poinlane