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Pas de débat d'urgence aux Communes sur le commerce canado-américain

Le président de la Chambre des communes, Geoff Regan, a rejeté mardi une requête du Parti conservateur qui réclamait que les députés débattent d'urgence sur l'avenir du commerce canado-américain.

Selon le porte-parole du Parti conservateur en matière d'affaires étrangères, Erin O'Toole, les Canadiens souhaitent que leurs élus se penchent sur « la plus importante crise économique de leur existence ».

Pendant que l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) est toujours en négociations, les Américains ont décidé d’imposer des tarifs sur les importations d'aluminium et d'acier du Canada, et ils songent à en imposer dans le secteur automobile. En guise de représailles, le Canada imposera le 1er juillet des tarifs douaniers de 16,6 milliards sur des produits américains.

Erin O'Toole a plaidé que l’imposition de surtaxes dans le secteur automobile serait dévastatrice pour l'industrie automobile en Ontario.

« Il n'y a jamais eu de menace aussi imminente pour l'économie canadienne », a insisté le député ontarien. Il n’a toutefois pas réussi à convaincre Geoff Regan de l’opportunité d’un débat sur le sujet.

La ministre Freeland questionnée

Les conservateurs ont cependant abordé le sujet de front avec la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, qui comparaissait mardi après-midi devant le Comité du commerce international de la Chambre des communes.

Se disant très préoccupés du peu d’aide accordée dans le budget fédéral à l’industrie automobile, les députés de l’opposition officielle ont questionné à plusieurs reprises la ministre sur le plan prévu par le gouvernement si l’administration américaine allait de l’avant avec ses surtaxes.

Mme Freeland s’est toutefois contentée de répondre qu'advenant le cas, l'appui au secteur de l'automobile serait aussi détaillé qu’a été la réponse tarifaire pour l'acier et l'aluminium.

Couillard dénonce les décisions de Trump

« C’est tellement absurde ce qu’il fait actuellement. Si c’était seulement absurde pour les Américains, je le laisserais aller, parce qu’il va nuire aux Américains – autant à l’industrie de la construction qu’à l’industrie manufacturière. Mais là, il prend de plein fouet l’économie du Québec : nos travailleurs, nos entrepreneurs, nos agriculteurs », a dénoncé le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, en point de presse mardi.

M. Couillard affirme que les politiques américaines « sont complètement inverses à notre intérêt économique ».

« On ne se laissera pas faire », a-t-il conclu.

Trump s’en prend de nouveau au Canada

De son côté, le président américain a de nouveau critiqué l’ALENA, mardi à Washington, en s'adressant à de petits entrepreneurs.

Selon lui, les États-Unis ne peuvent plus se permettre d'être le « pays stupide » dans cette entente tripartite.

M. Trump a aussi promis de protéger les agriculteurs et les fabricants américains, et il s'en est pris encore une fois au système canadien de gestion de l'offre pour les producteurs laitiers.

Le président a aussi accusé les Canada d’imposer de si « énormes » tarifs sur les produits américains que les Canadiens sont obligés d’aller magasiner aux États-Unis et de « ramener clandestinement » leurs achats au pays pour ne pas payer de taxes.