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Pas (encore) de taxe de vente provinciale en Alberta

À quelques jours du dépôt du budget 2016-2017 en Alberta, qui devrait afficher un déficit de plus de 10 milliards de dollars, des économistes et politologues réclament à nouveau une taxe de vente provinciale. Aux dernières nouvelles, non seulement le ministre des Finances Joe Ceci n'avait pas l'intention d'imposer une telle taxe, mais il ne voulait même pas en prononcer le nom.

Un texte de Sylvain Bascaron

En février, le ministre Ceci avait répondu ainsi à une lettre ouverte d'une vingtaine d'experts qui lui suggéraient une taxe de vente provinciale (TVP) : « Le type de revenu dont on ne doit pas dire le nom? Il n'y aura pas de TVP. » À ce chapitre, le ministre néo-démocrate suivait une longue tradition de premiers ministres provinciaux, tous des conservateurs. Ralph Klein, Alison Redford et Jim Prentice avaient tous reçu la même recommandation, et chacun avait dû répondre qu'il ne considérait même pas l'éventualité d'une telle taxe.

La première taxe de vente du pays

Ce n'est pas la première fois que des économistes font une telle recommandation à la province. En 1936, le premier ministre créditiste William Aberhart avait imposé une taxe de 2 % suivant la recommandation de ses experts. C'était la première taxe de vente provinciale du pays, qui aura fait long feu. Elle a été annulée en 1937.

Depuis, l'Alberta a développé ses ressources naturelles, et l'économie de la province suit les hauts et les bas des prix du pétrole. « Nous devons nous défaire de notre dépendance aux revenus du pétrole, explique le professeur Egrete Ferede, de l'Université Mac Ewan d'Edmonton. Et puis, avec un nouveau boom économique, on pourrait se servir de ces revenus pour la construction d'infrastructures ou pour économiser pour les générations à venir. »

Selon l'économiste, parler d'une taxe de vente provinciale équivaut à un suicide politique pour les politiciens albertains, mais cette mentalité doit changer.

Le désavantage albertain

L'absence d'une taxe de vente en Alberta a longtemps été considérée comme l'avantage albertain. Ce n'est plus le cas, selon l'économiste Jack Mintz, de l'École des politiques publiques de l'Université de Calgary. « Sans taxe de vente, l'Alberta est désavantagée. La province n'a plus le plus bas taux d'impôt pour les sociétés ni le plus bas taux d'impôt pour les particuliers, ajoute-t-il. Et si une personne avait le choix entre l'Alberta et la Colombie-Britannique, je crois qu'elle choisirait la vue sur l'océan! »

Jack Mintz soutient que « l'Alberta se prive d'une source de revenus importante, qui est la moins dommageable pour l'économie, et qui pourrait rapporter un milliard de dollars par point de pourcentage ».

Peu importe ce qu'en disent les experts, selon toute vraisemblance, les néo-démocrates ne changeront pas de cap. Ils ont choisi une taxe sur le carbone, de même que des taux plus élevés de taxation sur l'alcool et les cigarettes, notamment.

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