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Pas question de mêler tarifs américains et ALENA pour Chrystia Freeland

Le Canada a beau avoir poussé un soupir de soulagement après avoir été exempté temporairement des tarifs américains sur les exportations d'acier et d'aluminium, le sujet ne doit pas se retrouver dans la renégociation en cours de l'ALENA prévient la ministre canadienne des Affaires étrangères.

Un texte de Mathieu Gohier, des Coulisses du pouvoir

Chrystia Freeland estime que le message canadien a été bien entendu cette semaine à Washington, après que le premier ministre Justin Trudeau se soit entretenu avec le président Donald Trump, mais aussi le leader de la majorité au Sénat Mitch McConnell et le président de la Chambre des représentants Paul Ryan.

Imposer des tarifs sur l'acier et l'aluminium en évoquant des questions de sécurité nationale ne tient pas la route avec le Canada, avance Mme Freeland, qui rappelle que les deux pays sont des alliés de longue date, que ce soit à l'OTAN ou dans le NORAD.

Cette crise commerciale se déroule avec en toile de fond la renégociation en cours de l'ALENA (Accord de libre-échange nord-américain). Après avoir brandi ses mesures protectionnistes, Donald Trump a choisi de ne pas les appliquer au Canada et au Mexique en attendant de voir le dénouement des négociations en cours.

Mais en entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, la ministre des Affaires étrangères a clairement indiqué que le Canada n'entend pas lier les deux enjeux.

« Les négociations de l'ALENA et les conversations sur la section 232 sont des enjeux absolument distincts et nous n'accepterons jamais aucune pression aux tables de négociation de l'ALENA », indique Chrystia Freeland.

La ministre ajoute également que, même après sept cycles de renégociation de l'ALENA, il est normal qu'une majorité de chapitres restent à régler « puisque c'est vers la fin qu'on en complète le plus », dit-elle.

Une rencontre États-Unis/Corée du Nord « absolument positive »

Chrystia Freeland salue par ailleurs l'annonce d'une rencontre éventuelle entre le président américain Donald Trump et le leader de la Corée du Nord Kim Jong-un, la qualifiant « d'absolument positive ».

En rappelant que le Canada a organisé un sommet sur la crise nucléaire nord-coréenne en janvier, la ministre des Affaires étrangères qu'une solution diplomatique est « essentielle ».

« Je pense que tout le monde est d'accord qu'il s'agit d'une situation dangereuse, que ce que fait la Corée du Nord est dangereux pour tout le monde et je pense que tous doivent appuyer le fait qu'un processus diplomatique a commencé », souligne la ministre.

Chrystia Freeland ne spécifie toutefois pas si le Canada jouera un rôle précis lors de cette rencontre au sommet.

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